Expos

Olivia Paroldi grave l’enfance à Aubagne

Olivia Paroldi grave l’enfance à Aubagne

14 novembre 2019 | PAR Laetitia Larralde

Le centre d’art Les Pénitents Noirs d’Aubagne accueille pour six mois les œuvres d’Olivia Paroldi. Plongée dans le bleu de ses portraits d’enfants.

Olivia Paroldi est une artiste dont le travail se situe à la croisée de plusieurs genres. Formée à l’école Estienne de Paris en gravure et illustration scientifique, elle a un temps été graveuse à l’Institut des Jeunes Aveugles avant d’embrasser la gravure à temps plein. Et afin de créer la rencontre entre ses œuvres et le public, depuis sept ans la rue est devenue le support de ses gravures.

Imprimées sur un papier de riz très fin qui disparaît presque une fois collé, les œuvres sont vouées à être éphémères. Collées dans la rue elles se perdront face aux éléments, et à Aubagne elles ne pourront pas être récupérées après l’exposition. On est ici à la jonction entre street art et gravure. Une fois dans la rue, l’œuvre n’appartient plus à l’artiste et sa durée de vie est aléatoire, tandis que le principe même de la gravure est d’imprimer en série pour une diffusion, certes restreinte, d’une œuvre destinée à être conservée. Le phénomène est accentué par le fait qu’Olivia Paroldi n’imprime rarement plus d’un ou deux exemplaires de ses gravures, pour être collées aux murs.
Après un mois de résidence aux Pénitents Noirs, ce sont les murs de la chapelle classée Monument Historique qui reçoivent maintenant ses estampes.

L’artiste s’approprie un geste ancien en gravant ses plaques de lino très grands formats. Tout en se plaçant dans une tradition artisanale et artistique, elle le repense et l’adapte à des problématiques actuelles.
Les thèmes de prédilection d’Olivia Paroldi sont l’enfance, la construction de soi et l’exil. Tous ces visages enfantins qui nous accueillent dans la chapelle sont ceux d’enfants qu’elle a rencontrés. Mais ils ne racontent pas uniquement l’insouciance, les détails imbriqués dans leurs vêtements parlent d’une réalité plus dure. Car ces enfants sont des exilés, certains vivent dans la rue, entre deux cultures. Olivia Paroldi s’interroge ici sur comment ces enfants peuvent se construire, comment ils peuvent créer des racines, une identité.

L’une de ses installations est en relation avec les trente ans de la signature de la Convention internationale des droits de l’enfant. Une grande corde à linge, passant d’une fenêtre à l’autre puis s’étendant au-dessus d’une skyline d’habitations précaires empilées les unes sur les autres, rappelle quels sont ces droits et que nombreux sont ceux qui n’y ont pas accès.

L’exposition évoluera en contact avec le public. D’une part, de grands lés de linoléum disposés au sol seront gravés lors d’ateliers, et d’autre part le public est invité à laisser des mots dans les boîtes aux lettres de l’exposition et ces mots serviront à la création d’une fresque, qui grandira au fil des mois.
De plus, l’exposition s’inscrit dans le cadre de la saison du dessin au niveau de la Région et du festival Grain de sel d’Aubagne, festival du livre et de la parole d’enfant, pour un lien fort avec l’actualité culturelle du territoire.

L’exposition d’Olivia Paroldi met la gravure à la portée de tous, la sortant de l’atelier et de la technicité qui souvent fait obstacle, de façon généreuse et poétique. N’hésitez pas à aller rendre visite à cette grande famille regroupée sur les murs de la chapelle des Pénitents Noirs.

Olivia Paroldi, Estampes urbaines
Du 9 novembre 2019 au 18 avril 2020
Centre d’art contemporain Les Pénitents Noirs – Aubagne

visuels : Olivia Paroldi : 1- Ronde rouge / 2- vue de l’exposition / 3- Depuis mes murs n°1 / 4- Errance vive / 5- Atelier

Splendide Mademoiselle Julie de August Strindberg à la Tempête
Soirée Berio à l’Intercontemporain
Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *