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Le Tout-Paris de Boilly au Musée Cognacq-Jay

Le Tout-Paris de Boilly au Musée Cognacq-Jay

17 février 2022 | PAR Iseult Cahen Patron

Le musée Cognacq-Jay met à l’honneur l’artiste virtuose, prolifique et inclassable Louis-Léopold Boilly (1761-1845) à l’occasion d’une exposition rétrospective jusqu’au 26 juin 2022. 

C’est à travers 130 œuvres (dont 3/4 sont issues de collections privées) que le musée Cognacq-Jay nous invite à lever le voile sur l’artiste inclassable Louis-Léopold Boilly. L’exposition temporaire «Boilly (1761-1845). Chroniques parisiennes», dédiée à cet artiste à l’humour et l’audace non dissimulés, se déploie sur trois étages et s’octroie quelques incursions dans la collection permanente. C’est l’occasion de plonger dans le Paris du XIXe siècle qui, par bien des aspects, nous rappelle celui d’aujourd’hui. 

 
 
 
 
 
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Le théâtre de la vie, entre deux révolutions 

En véritable chroniqueur de la vie parisienne, Louis-Léopold Boilly saisit tout au long de son existence les scènes truculentes du Tout-Paris. Arrivée d’une diligence, distribution de denrées alimentaires, attroupement à l’entrée d’une représentation théâtrale gratuite, aucune scène citadine ne lui échappe. Cafés, théâtres, salons, grands boulevards forment ses toiles de fond. Mais son constat est simple : le théâtre le plus divertissant se trouve dans les rues de Paris et dans les réactions des habitants. Cet éternel flâneur et collecteur d’une « comédie humaine » truculente documente le quotidien d’une génération évoluant entre deux révolutions (1789 et 1830). 

La grande histoire ? Les hommes illustres ? Il n’en a que faire. Comme Jérôme Bosch en son temps, lui scrute les gens et la métropole tumultueuse et chaotique qui s’accroît à vue d’œil. L’œil de Boilly, quant à lui, est amusé et physionomiste. Son style ? Lisse et détaillé. Son genre ? Caricatural.

Boilly, le croqueur des Titis 

Originaire du Nord de la France et arrivé à Paris à l’âge de 24 ans, Boilly devient progressivement un portraitiste réputé. Il se vante à qui veut de parvenir à « croquer » un modèle en à peine 2h de pose ! Il devient l’instigateur d’un format de portrait en buste inédit qu’il proposera pendant 40 ans. Près de 5000 portraits de parisiens (et pas que !) auraient ainsi été réalisés dans ce cadre par Boilly. Le musée Cognacq-Jay est parvenu à réunir quelques œuvres de cette abondante collection dispersée aux quatre coins du globe. 

Témoignage de l’engouement autour de la physionomie au XIXe siècle, Boilly propose dans sa célèbre série Grimaces un catalogue amusant des expressions, passions, vices et autres manies de ses contemporains. 

Boilly l’illusionniste 

Outre ses portraits, Boilly connaît un large succès grâce à ses trompe-l’œil. Passionné d’optique, l’audacieux peintre n’hésite pas à surprendre ces contemporains au Salon. Il en fera l’une de ses spécialités et saura soigner les détails pour parfaire son leurre. En témoigne ses œuvres Un trompe-l’oeil, qui donne l’illusion d’un amas de dessins et d’une vitre brisée et Trompe-l’œil aux cartes et pièces de monnaie. Saurez-vous repérer les faux camés, les fausses gravures, le faux bas-relief, le faux châssis présents dans l’exposition ? 

Outre leur aspect humoristique, les productions de Boilly sont le reflet d’une stratégie publicitaire rondement menée par cet artiste qui porte un regard lucide sur son époque. Alors que la photographie se démocratise et que la reproductibilité technique bouscule les habitudes, Boilly interroge sa propre méthode et ses techniques artistiques. Au fil du parcours de l’exposition au musée Cognacq-Jay, certains y verront les prémices des collages de Braque, du surréalisme de Magritte ou des montages photographiques de Man Ray… 

Visuels : 

  • Louis-Léopold Boilly (1761-1845), L’Ébahi, vers 1808-1810. Pierre noire, estompe de pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun clair, 23,2 × 18,4 cm. Collection particulière © Guillaume Benoît
  • Distribution de vin et de comestibles aux Champs Élysées, à l’occasion de la fête du roi, 1822. Huile sur toile, 97 × 129 cm. Paris, musée Carnavalet – Histoire de Paris © Musée Carnavalet / Paris Musées
  • Quarante portraits, vers 1798. Huile sur toile, 22 × 16 cm. Collection particulière © Shac : Étienne Bréton / Saint-Honoré Art Consulting © Guillaume Benoît
  • Les Grimaces, vers 1823. Lithographie, tirage en noir, tirage colorié, 38 × 27,5 cm. Collection particulière © Guillaume Benoît
  • Le Chat gourmand crevant la toile pour manger des harengs, vers 1800-1805. Huile sur toile, 85 × 96 cm. Collection Farida et Henri Seydoux, Paris © Guillaume Benoît
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