Cinema

Le Festival International du Film Chiant prêt à réveiller Marseille

20 avril 2012 | PAR Margot Boutges

L’édition zéro du Festival International du Film Chiant (FIFIC) se tient à Marseille du samedi 21 avril au mardi 24 avril.

Vanter l’ennui que peut provoquer un film histoire de le rendre plus attractif ? Voilà un nouveau concept pour parler de films eux-mêmes très conceptuels. Après la vague nanarde, qui jette une lumière mordorée sur les mauvais films sympathiques, place aux films chiants qui pourraient bien devenir trendy eux aussi !

La dépréciation peut être vendeuse. Emmanuel Germond, créateur du festival, l’a bien compris et assume sa tactique : « Film chiant, c’est un concept marketing pour interpeler les gens mais nous montrons de très bons films. »

Alors, rassurés ? Les allergiques aux films contemplatifs, expérimentaux, muets, artistiques, amateurs, socialo-politiques… n’ont aucune raison de l’être car les sept films projetés seront bien frappés de lourds « handicaps commerciaux ».

Au programme :

–    La sorcellerie à travers les âges de Benjamin Christensen (1922). Censuré dès sa sortie, cet authentique chef-d’œuvre qui anticipe la vague des faux documentaires relate l’histoire de la sorcellerie de l’antiquité au XXe siècle. Ciné concert mis en musique par la voix de Ghédalia Tazartès. Ingrédients chiants :  Pas de son, pas de couleur, improvisation musicale et psychédélisme.

–    Fengming, chronique d’une femme chinoise, de Wang Bing (2007). A travers un plan presque fixe de 3h17, ce documentaire donne la parole à une vieille femme pour raconter la politique chinoise  des cinquante dernières années. Ingrédients chiants : Longueur, aucune action, thème historique, pays communiste, âge du personnage principal.

–    Ce qu’il restera de nous de Vincent Macaigne (2011). Ce film de 40 minutes, récompensé au Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand, raconte l’histoire de deux frères que tout oppose qui se retrouvent aux obsèques de leur père. Également une œuvre de toute beauté dont le succès d’estime a précipité la sortie en salle alors même que le format de moyen-métrage ne s’y prêtait pas. Pour lire notre critique du film, c’est ici. Et l’interview de Vincent Macaigne, là.

–    4 courts-métrages ultra réalistes de l’artiste contemporain Mohamed Bourouissa. Ingrédients chiants : social, mauvaise qualité vidéo, minorités, conceptuel.

Un mot d’ordre : Ne repoussez pas les bras de Morphée ! « La plus belle expérience cinématographique de ma vie est un film où je me suis endormi », raconte Emmanuel Germond, évoquant le souvenir du film Le regard d’Ulysse de Theo Angelopolous. Dominique Païni, ancien directeur de la Cinémathèque Française, parlait déjà du sommeil comme faisant partie intégrante de l’expérience de spectateur. Le film mi-vu mi rêvé, les brumes, la reconstitution interne du montage seraient autant d’éléments à rechercher.

La sieste se jouera donc au cinéma d’art et d’essai Les variétés !

Cette édition zéro du FIFIC constitue l’épisode pilote d’un festival qui espère bien trouver de nouveaux partenaires pour revenir en 2013 avec de nouveaux films chiants ! Longue vie à lui !

Site officiel du FIFIC

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Margot Boutges

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