Cinema
Documentaire sur Sébastien Tellier : la star de l’électro-pop psychédélique

Documentaire sur Sébastien Tellier : la star de l’électro-pop psychédélique

01 décembre 2020 | PAR Mahaut Adam

Le documentaire Sébastien Tellier Many Lives sur le chanteur et compositeur, réalisé par François Valenza et sélectionné au Artekino Festival, est diffusé en ligne du 1er au 31 décembre 2020. Il retrace l’histoire d’un des artistes les plus iconiques du XXIe siècle, de sa petite chambre de bonne à la grande scène de l’Eurovision.

Le film commence sur les mots d’hommes qui ont accompagné la carrière de Sébastien Tellier ; Air, Phoenix, Christophe, Jean-Michel Jarre, Philippe Zdar. Le documentaire se présente sous une forme intéressante dans la mesure où il lit différents médias : à la fois des extraits de concerts de Sébastien Tellier, mais aussi des clips, des extraits d’interviews sur des plateaux télés, des extraits du Nonfilm de Quentin Dupieux dans lequel il joue, et des interviews de ses collègues et amis. Un tissu multiple, donc, sur plusieurs temporalités, et sur lequel la musique de l’artiste plane sans cesse, enveloppant l’image dans sa douce authenticité. Une musique qu’on ne se lasse pas d’écouter, une musique flottante, riche, poétique, lumineuse, un véritable torrent émotionnel de notes.

Le parcours impressionnant du musicien

Le film retrace la vie de l’artiste depuis ses débuts jusqu’à son dernier album, en 2020. Fils d’un guitariste, Sébastien Tellier commence la musique à 26ans en signant son premier album L’incroyable vérité avec Record Makers. Son deuxième album, Politics, signe pour lui le début de sa popularité, notamment avec le morceau « La ritournelle », qui rappelle certains morceaux de Supertramp.

Sébastien Tellier, qualifié par son collègue de « fragile et fort à la fois », arrive à lier dans sa musique une certaine douceur à une énergie musicale impressionnante qui se retrouve dans le rythme. Pour son deuxième album, il joue d’ailleurs avec le grand batteur Tony Allen, ancien batteur de Fela Kuti.

Il compose aussi beaucoup de BO de films, comme celle de Lost in Translation de Sophia Coppola, ou du film Narco. En 2008, après la sorti de son album Sexuality, il représente la France à l’Eurovision, ce qui le fait accéder à un statut de chanteur populaire. Puis, en 2012, l’album My god is blue, met en scène une figure de gourou, en 2014, L’Aventura retrace son enfance, et enfin, en 2020, il sort un dernier album, Domesticated, sur une aventure domestique. Chaque album met donc en scène un thème, une couleur, une tonalité différente.

Un artiste qui « mêle le sublime au minable »

Le documentaire s’interroge aussi sur l’artiste et le rôle qu’il joue face au public. Au début de sa carrière, Sébastien Tellier semble déjà se livrer aux plaisirs et aux dangers de la drogue, si bien qu’un de ses collègues le compare à un être « mi-homme des cavernes mi-clochard ». Il incarne cette figure de chanteur maudit, détruit par la drogue et par une sorte de malchance, avec un physique particulier puisqu’il aime laisser pousser sa barbe et ses cheveux jusqu’à devenir méconnaissable.

Mais au-delà de cette apparence, il reste un artiste sublime, une « porcelaine au pays des éléphants », porté par la puissance de la musique et l’inspiration poétique. Il pousse sa musique vers des horizons artistiques impressionnants, avec un sens de la démesure inconditionnel.

Pour chacun de ses albums, chacun de ses concepts, il décide de changer de studio, pour se renouveler et expérimenter, et sa musique s’affranchit de tous les genres musicaux, bien qu’il s’inspire de Gainsbourg ou même de Ferré. Il fait de la musique « excessive », un style électro-pop psychédélique qui joue avec les sonorités et se renouvelle sans cesse.

Un homme de la scène à la fois populaire et expérimental

Sébastien Tellier est aussi un homme de la scène. Il joue avec son public, propose un véritable One Man Show, jusqu’à parfois s’éloigner un peu trop de sa musique. Il aime jouer avec ses multiples visages, ses multiples styles vestimentaires, toujours poussés à l’outrance.

Son originalité se situe aussi dans le fait qu’il veille sans cesse à joindre le grand public à l’expérimentation artistique. Il crée ce qui lui plait, et ça plait. Ce paradoxe là est bien montré dans le film de François Valenza, cette double quête de poésie et de popularité, qui trouve sa réalisation dans sa participation à l’Eurovision.

Le documentaire sera diffusé en exclusivité au sein du Festival digital Européen ArteKino durant tout le mois de décembre et à l’issu du visionnage, le public pourra attribuer une note ainsi que soutenir la production de son choix. A ne pas rater !

Visuel : ©CP Naomi Kato

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Mahaut Adam

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