Cinema
[Cannes 2021] Jour 3 : inauguration du Cineum de Cannes, Tilda Swinton à la Quinzaine & Portrait de femme par Joachim Trier

[Cannes 2021] Jour 3 : inauguration du Cineum de Cannes, Tilda Swinton à la Quinzaine & Portrait de femme par Joachim Trier

09 juillet 2021 | PAR La Rédaction

Journée encore joliment remplie ce jeudi 8 juillet sur la Croisette, l’équipe de Toute La Culture a multiplié les films et interviews… Suivez-nous ! 

Par Yaël Hirsch et Geoffrey Nabavian

En ce début de Festival de Cannes, un événement avait lieu dans la ville qui se dédie une fois par an avec prestige à l’art cinématographique : l’inauguration du Cineum, immense cinéma de douze salles dans le quartier de La Bocca. Un bâtiment aux allures de montagne blanche stylisée conçu par l’architecte Rudy Ricciotti – signataire de l’édifice du Mucem, entre autres – qui habite le paysage qui l’entoure avec harmonie, vu de l’extérieur. Un complexe de salles de projection accueillant d’ores et déjà des films de l’édition 2021 du festival, présenté en détails aux journalistes, d’abord conviés dans sa salle Lounge, avec fauteuils inclinables, dotés de portes-gobelets et de haut-parleurs dans leurs appuie-têtes, ainsi que d’une architecture particulière que l’on doit à Arik Lévy, convié pour effectuer les aménagements intérieurs du lieu. Une première salle qui a vu notamment Pierre Lescure prendre la parole, affirmant qu’un tel lieu était destiné à garantir, avec toutes ses fonctionnalités, une expérience différente du « cinéma à la maison » très en vogue maintenant, via des services Internet comme Netflix, dans les grandes largeurs.

Également présentée, la salle Imax, lieu où les fauteuils avec haut-parleurs dans leurs appuie-têtes ont permis des tests sonores particulièrement efficaces : frisson garanti, à l’écoute des coups de tonnerre lancés avec une puissance et une proximité exceptionnelles. Et le Cineum comporte également un espace galerie d’art contemporain, dont le premier locataire est l’artiste Miguel Chevalier, dont on a pu admirer les travaux vidéos et les réalisations plastiques, évoquant toutes beaucoup le monde végétal et ses cycles.

On peut ajouter à cela que les salles de visionnage du Cineum sont pourvues de technologies sophistiquées, choisies pour leur apport dans la vision des films, et qu’un restaurant reste également ouvert au rez-de-chaussée : Chez le Brasseur, lieu où ici encore, quelque chose de recherché est proposé, à savoir des bières originales à goûter. Davantage qu’un « cinéma du futur », le Cineum évoque le travail récent de certains distributeurs français, cherchant à proposer des expériences peu ordinaires autour de leurs films et à tisser des liens avec le public. Dernier symbole de cette volonté : un clip promotionnel très bien réalisé, autour du bâtiment et dans ses murs, sur fond de jeunes skateurs s’activant sur leurs planches, et destiné à être diffusé sur YouTube. 

À 14 heures, nous avons quitté l’urbanisme et ses expériences pour nous aventurer dans Cow, documentaire dans lequel la réalisatrice Andrea Arnold suit l’existence d’une vache. Un film en recherche, de pure tentative, d’où ressortait quelques images fulgurantes amenant des questionnements.

À 15 heures, nous avions rendez-vous avec Luàna Bajrami à la Quinzaine de réalisateurs. Repérée comme actrice, notamment dans Portrait de jeune fille en feu, la jeune femme de 20 ans signe avec La Colline où rugissent les lionnes, un premier film qui immortalise l’ennui de trois jeunes femmes sans avenir dans un paysage de rêve au Kosovo. Jolie photo et très douce direction d’actrices, mais le sujet aurait pu se dérouler partout au monde et se dispenser du passage de la réalisatrice en estivante parisienne qui lit du Zola. 

À 16 heures, direction la Compétition pour Lingui, les liens sacrés, nouveau film du tchadien Mahamat-Saleh Haroun, très applaudi, très engagé, nécessaire de toute façon et avec quelques scènes très fortes. Notre critique est à lire ici.

À 16 h 45, rendez-vous sur la terrasse UGC pour voler un petit quart d’heure d’interview au réalisateur Nadav Lapid sur son film Le genou d’Ahed. Le cinéaste israélien s’apprêtait à monter les marches pour la deuxième fois en deux jours, pour un court-métrage très physique et tragi-comique de réaction à la situation sanitaire que nous avons tous vécue, The Star (vu donc à 19 h 30). Il nous a parlé de miracle, de mise en scène et aussi des rôles des fonctionnaires, des artistes, quand la mère meurt et que le monde s’écroule. L’interview est à lire ici.

À 19 h 30, la section Un certain regard nous a offert le beau After Yang, en présence de son équipe – moins Colin Farrell, absent, et pourtant remarquable à l’image – et nous a transportés avec ce drame de science-fiction intelligent, parlant de racines et de mort.

À 20 h 45, retour au Théâtre Croisette pour la projection du deuxième volet de The Souvenir, de Joanna Hogg. Tilda Swinton et sa fille, Honor Swinton Byrne étaient toutes deux présentes à cette première. Sous une couche d’époque et de bourgeoisie légère, l’épatante Honor Swinton Byrne retrouve donc le rôle de la vive Julie. Son amour complexe et écrasant du premier volume, Anthony, est mort, et on la suit en train de se reconstruire. Musique puissante, photo maîtrisée, le style de Joanna Hogg est particulier et nous embarque dans une aventure à la fois intime et intemporelle. 

À 22 h 30, c’est avez la presse en salle Bazin que nous avons découvert le film du soir en compétition : après Oslo, 31 août, Joachim Trier filme à nouveau sa ville avec délicatesse dans Julie en 12 chapitres, un portrait de femme sensible, extensible et juste, sur les différences de générations. Un film qui magnifie son actrice Renate Reinsve et qui a su nous séduire et que nous mettons de coté pour la nuit pour vous en dire plus après maturation. 

Visuels : Geoffrey Nabavian & Yael Hirsch

Visuel 1 : Discours de bienvenue au Cineum, depuis la Salle Lounge © Geoffrey Nabavian

Visuel 2 : Vue du Palais © Geoffrey Nabavian

Visuel 3 : Vue de la Croisette © Geoffrey Nabavian

Visuel 4 : Une partie de l’équipe d’After Yang avant la projection, avec notamment le réalisateur Kogonada et l’actrice Jodie Turner-Smith © Geoffrey Nabavian

Visuel 5 : Vue du restaurant présent dans le Cineum, Chez le Brasseur © Geoffrey Nabavian

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La Rédaction

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