Cinema
Des palmiers au western et jusqu’à Cannes, un jeudi au festival de Deauville

Des palmiers au western et jusqu’à Cannes, un jeudi au festival de Deauville

10 septembre 2022 | PAR Rodolphe Pete

Ce jeudi du Festival du film américain de Deauville, nous avons vu la palme d’or mais pas que : aussi un premier film de non-amour original et un film familial en montagne. 

 

Une histoire d’amour qui n’en finalement pas une:  « Palm trees and power lines« , présenté jeudi en avant-première européenne (une des premières projections en festival car la pandémie avait transformé la séance à Sundance en simple visio), avec sa réalisatrice (Jamie Dack) et ses deux principaux interprètes (Lily McInerney et Jonathan Tucker), vise juste parce qu’il ne tourne pas à la démonstration. Il illustre par petites touches un processus de séduction en forme de piège pervers qui ose refuser la facilité du happy end. Dérangeant mais très marquant.

Plus classique, « Montana Story », en l’absence des deux réalisateurs (Scott McGehee et David Siegel qui ont envoyé une vidéo d’excuse), incarne la grande tradition des films familiaux, dans les grands espaces. Celui d’un État où le temps semble être suspendu depuis l’époque des westerns. La majesté des montagnes n’ayant d’égal que l’étirement des distances et la solitude des rares habitants. Ces retrouvailles entre une sœur et son demi-frère, à l’occasion de la maladie de leur père, ne vont pas bouleverser la compétition avec une fin presque attendue, même si tous les codes sont respectés et que le contrat est bien rempli. Jouant de l’alternance entre extérieurs et huis clos, ce long métrage aurait en outre gagné à être resserré de quelques minutes. Sans nuire à l’installation d’un climat réussi par un casting qui fait mouche (Haley Lu Richardson et Owen Teague).

Avec un temps suédois, comme l’a fait remarquer avec humour le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux, la présentation de la palme d’or 2022 était l’événement de la soirée, après la récompense remise par le directeur de l’INA au président du jury, Arnaud Desplechin. Ce digital award est en fait une tablette contenant dix heures d’archives d’apparition du réalisateur à la télévision, depuis son premier passage en 1981 quand il était étudiant à l’Edhec.

Une séquence émotion avant le choc de « Sans filtre » de Ruben Östlund, désormais dans le cercle très fermé des doubles palme d’or. Le metteur en scène a naturellement rendu hommage à l’actrice incarnant Yaya, Charlbi Dean, décédé brutalement fin août à 32 ans. 2 h 22 de satire, d’ironie, de caritature sur une certaine élite qui ne fait pas dans la dentelle. On peut rentrer dans le jeu et se laisser embarquer dans cette croisière du no future ou rester un peu circonspect de voir une pochade aux gros moyens, très bavarde et au message colossament souligné, décrocher le Graal de la Croisette. Mais il est vrai que ce n’est pas la première fois que le jury de la Côte d’Azur se laisse aller…

Pour lire notre interview de Ruben Östlund, c’est ici. 

Visuel (c) Rodolphe Peté

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Rodolphe Pete

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