Cinema

Black Dynamite : déjanté et super-cool!!!

07 janvier 2010 | PAR Geraldine Pioud

L’histoire de Black Dynamite, légende afro-américaine des années soixante-dix, entre funk et kung-fu.

Véritable parodie de Série B, Black Dynamite s’inscrit dans la lignée des films du « Bronx » comme Superfly (de Gordon Parks Jr., 1972) ou Truck Turner (de Jonathan Kaplan, 1974), c’est à dire en pleine période de la Blaxploitation (qui, selon les spécialistes, aurait duré quatre ans, de 1971 à 1975). Ce genre reflétait la vie sociale des afro-américains dans les années soixante-dix, tout en faisant la part belle à la musique (celle d’Isaac Hayes entre autre), mais fût à l’époque jugé trop violent et trop sexuel. Il marqua pourtant les esprits plus qu’on ne l’imagine : on oublie trop souvent que Quentin Tarantino s’en est inspiré en 1998 pour Jacky Brown.

Pour Black Dynamite, le réalisateur Scott Sanders (qui était alors sur un autre projet) avoue avoir eu l’idée du film en voyant des photos de Michael Jai White vêtu comme dans les années soixante-dix, moustache et perruque afro en prime. L’acteur deviendra l’un des co-scénaristes du film et se servira de son expérience des arts martiaux (un vrai champion qui n’a pas moins de 7 ceintures noires dans différentes disciplines) pour incarner le déjanté Black Dynamite. Personnage super-cool et super-respecté (craint?), véritable Don Juan soucieux de son look, il rit de « private joke » et se satisfait de lui-même! Chacune de ses prestations sont ponctuées par des « Dynamite » en off, appuyant le décalage humoristique jusque dans les bastons. Certains pesteront à coup sûr sur le manque de finesse ou l’absence d’intellectualisation, mais la caricature est assumé et le propos de Black Dynamite n’est pas d’être élitiste : il se veut « fun » avant tout!

Certes, bon nombre de séquences ne volent pas très haut. Et au final on s’en moque un peu. Ce qui est intéressant dans Black Dynamique, c’est toute l’atmosphère que le réalisateur Scott Sanders a réussi à re-créer. Pour sa parodie de la Blaxploitation, il s’est appliqué à donner à l’image un style vieux (si bien fait qu’on pourrait facilement imaginer que le film a été tourné dans les années soixante-dix), grâce à une pellicule Super 16 mais aussi en bannissant le numérique, pour un résultat contrasté et saturé. Une bonne partie de rigolade en ce début d’année. Alors pourquoi s’en priver?

Black Dynamite, sortie le 13 janvier 2010
Réalisé par Scott Sanders, avec Michael Jai White, Tommy Davidson, Salli Richardson

Amos Gitaï met les mots en scène dans la Guerre des fils de lumières contre les fils des ténèbres à l’Odeon
Corinne Bailey Rae : un nouvel album très attendu, et une première vidéo
Geraldine Pioud

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *