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« Queen of earth », Alex Ross Perry sublime Elisabeth Moss dans les marécages de la dépression

« Queen of earth », Alex Ross Perry sublime Elisabeth Moss dans les marécages de la dépression

07 septembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Le prolifique réalisateur de The Color Wheel (voir notre article) et de Listen up Philip (lire notre article) quitte définitivement la névrose new-yorkaise pour grimper dans la dépression existentielle à la campagne. Filmé en quelques jours dans un carde idyllique, Queen of Earth est un film d’atmosphère très prenant et qui nous plonge, via la muse du réalisateur, Elisabeth Moss, dans des marécages métaphysiques… Un film fascinant en salles le 9 septembre.

[rating=4]

Fille et super-secrétaire d’un artiste contemporain renommé, Catherine (Elisabeth Moss) subit coup sur coup le suicide de son père et une rupture amoureuse dévastatrice. Elle part se réfugier chez sa meilleure amie, Virginia (Katherine Waterston), héritière d’une magnifique maison de campagne, pour se confier et reprendre des forces. Mais sur place, malgré le cadre idyllique et la sollicitude de son amie, Catherine perd pied…

Grand plan sur le visage de l’héroïne de Mad Men coulant de larmes et monologue de rupture d’une violence inouïe. Dès les premières images du film, tout est dit. Alex Ross Perry quitte la gentille (ou méchante) névrose verbeuse de Manhattan pour interroger les limites de la raison et de l’être. Chronique effrayante de la mutation d’une femme blessée en être perdant sa structure et sa substance, Queen of Earth créé un climat bien spécifique, toujours aussi profond qu’inconfortable. Puissant en chaque image et chaque parole prononcée, le film n’oublie pas d’ébaucher en surplomb de la noyade de l’héroïne la brutalité des relations homme-femme et la violence encore plus grande des relations femme-femme : Tous les coup sont permis quand il s’agit de deux amies/soeurs/rivales jouant les miroirs l’une pour l’autre. Huis-clos étouffant aux limites du « normal » et du normé, Queen of Earth est un ovni hypnotique qui donne envie de continuer à suivre le cinéma du prolifique et surprenant Alex Ross Perry. Allez vous jeter dans le film indé (mais pas « Sundance ») de la rentrée qu’on aurait bien aimé voir sélectionné à Deauville…

Queen of Earth, de Alex Ross Perry, avec Elisabeth Moss, Katherine Waterston, Patrick Fugit, Kentucker Audley, Keith Poulson, Kate Lun Sheil, Craig Buta, USA, 2015, 90 min., Potemkine. Sortie le 9 septembre 2015.

visuel : photos et affiches du film.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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