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« En attendant Bojangles » de Régis Roinsard : Virginie Efira danse et bouleverse

« En attendant Bojangles » de Régis Roinsard : Virginie Efira danse et bouleverse

05 janvier 2022 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Histoire d’amour rocambolesque et bouleversante, le nouveau film de Régis Roinsard porte sur grand écran En attendant Bojangles, roman à succès d’Olivier Bourdeaut publié en 2016. Virginie Efira brille dans cette adaptation puissante et lumineuse, aux côtés de Romain Duris et du jeune Solàn Machado-Graner.

Nina Simone raconte, de sa voix chaleureuse, l’histoire de Mr Bojangles, cet homme qui dansait à en perdre haleine et riait, au fond d’une cellule de La Nouvelle-Orléans. Affligé par la vie, pauvre et endeuillé, il continuait de danser. Les notes de la chanson rythment le quotidien de Camille (Virginie Efira) et George (Romain Duris), qui l’écoutent en boucle et dansent, amoureux et sans se soucier de rien. Leur vie n’est que plaisir et extravagance : faire la fête tous les soirs, ne pas travailler et surtout, ne jamais ouvrir le courrier.

Une soif de vivre contagieuse

Adapté du roman d’Olivier Bourdeaut, le film raconte avant tout une histoire d’amour passionnelle, une envie de profiter de la vie et de l’autre en fuyant toute forme de responsabilités. La frénésie qui les anime est contagieuse, on se prend au jeu de ce quotidien loin des carcans et du regard des autres. Leur liberté est finalement ce qu’il y a de plus fascinant et réussit à nous faire croire que pour mener une telle existence, il suffit simplement d’être assez fou pour le faire. Une façon de voir le monde à la fois drôle et empreinte d’une grande poésie, où s’efface la frontière entre imaginaire et réalité.

Le film parle ainsi des manières de grandir, de se nourrir de ce qui nous entoure, de se construire. La narration se place régulièrement à hauteur d’enfant, celle de leur fils. Le jeune Solàn Machado-Graner, formidable, saisit parfaitement la subtilité de son personnage : à l’âge de la fantaisie sans limite, il incarne une forme de légèreté, un regard dépourvu de tout jugement, mais de sa position, représente une certaine maturité acquise par la liberté de ses parents. 

Histoire d’amour et de folie

Comme dans la chanson de Nina Simone, Camille – ou tous les autres prénoms qu’elle se donne – danse malgré ses pensées qui s’assombrissent. Le personnage se déconstruit peu à peu, passant de la folie douce à la folie noire. Virginie Efira bouleverse dans ce rôle puissant, donnant vie à un personnage d’une grande subtilité, à la fois envahie par la démence et traversée par une envie de vivre qui dépasse toute limite. Sa vie n’est pas un grand mensonge mais une façon de voir plus grand, puisqu’elle incarne en fait un abandon total, parfaitement symbolisé par le geste de la danse. 

Le film est inondé d’une grande tendresse, voire de sagesse, alors que le malheur frappe durement. Cette façon de parler de la folie est ce qu’il y a de plus touchant. Un regard où rien n’est entaché et c’est la réalité du spectateur qui en est bousculée. Finalement, est-ce que ce ne serait pas les autres qui sont fous de ne pas autant profiter de la vie ?

 

 

En attendant Bojangles de Régis Roinsard, avec Virginie Efira, Romain Duris, Grégory Gadebois, Solàn Machado-Graner. 2h05. En salles le 5 janvier 2022. 

 

Visuel : © image du film

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