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[Critique] « Love&Mercy » : un biopic émouvant sur Brian Wilson des Beach Boys

[Critique] « Love&Mercy » : un biopic émouvant sur Brian Wilson des Beach Boys

28 mai 2015 | PAR Simon Théodore

De la musique des Beach Boys, l’histoire retiendra l’imaginaire des côtes californiennes et des folles séances de surf le long des plages de sable blanc. Avec Love & Mercy, Bill Pohlad dévoile la véritable histoire d’un génie de la musique. A contrario des biopics mythifiant, Brian Wilson est humanisé et saisi dans sa démence tout au long d’un film revenant sur deux périodes de sa vie.

[rating=4]

Le réalisateur ne livre pas un biopic mais le récit de la vie de deux personnages formant un seul et même être. Incarné par Paul Dano (There Will Be Blood, Twelve Years a Slave), le Brian Wilson jeune, plus connu du public, fait pénétrer dans l’univers musical des Beach Boys. Forgé par les coups d’un père alcoolique, le traumatisme est bien présent chez le jeune homme. Témoin des sessions studio, le spectateur découvre le processus de création des hits musicaux, fruits du génie et d’une névrose certaine. Plutôt que de développer sur l’évolution de la carrière du groupe et le contexte musical de l’époque, le scénario se concentre sur le psychisme du chanteur. Il s’agit bien de suivre un être aussi attachant que tourmenté. Sourd d’une oreille, celui-ci s’efforce de ressentir la musique ainsi que les bonnes vibrations de l’espace dans lequel il évolue. L’image, presque à la manière d’un documentaire, propose une véritable immersion dans les studios de la Californie des années 1960.

Le fil conducteur de l’histoire n’est pas chronologique. Rompant ainsi avec les biopics traditionnels, Bill Pohlad articule son film avec des aller retours incessants entre deux époques. Bien que le sujet soit commun et les liens de causalité entre les événements certains, l’indépendance des deux récits nait. John Cusack (Maps to the Stars) joue le rôle de l’icône musicale, âgée d’une vingtaine d’années supplémentaires. Attentif à de nombreux détails comportementaux, son interprétation est remarquablement assumée et convaincante. La folie a alors été destructrice. Sous la tutelle du Dr Landy, aussi infantilisant que méchant et profiteur, il rencontre sa future seconde épouse, Melinda, avec laquelle il tentera de combattre la maladie. Le trio, formé de John Cusack, Elizabeth Banks (Hunger Games) et Paul Giamatti (The Amazing Spider Man), est saisissant. Tant par le jeu des acteurs que par leur charisme, il se dégage une très forte intensité émotionnelle à travers ce versant du film. Cette intensité est, d’ailleurs, décuplée par la bande originale rompant avec la musique des Beach Boys omniprésente. La face méconnue et l’histoire tragique de Brian Wilson éclatent alors au grand jour…

Si la qualité de réalisation est certaine dans le premier versant de « Love & Mercy« , ce sont bien la tendresse, la pitié et la compassion dégagées à la découverte de sa vie d’adulte qui rendent le film poignant. Chaque élément filmé est constitutif de la personnalité de Brian Wilson mais son enfance terrible, non moins importante, est omise. Pourtant, celle-ci ainsi que la relation entretenue avec le père ont joué un grand rôle, que partiellement évoqué, dans la production artistique et la construction du personnage. Avec ce nouveau long métrage, Bill Pohlad utilise les Beach Boys pour traiter de folie et de la construction identitaire d’un être humain.

Love & Mercy de Bill Pohlad, avec John Cusack, Paul Dano, Elizabeth Banks. Drame. Durée : 2h01. Sortie en salle le 1er juillet 2015.

Visuel : affiche du film

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Simon Théodore

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