A l'affiche

[Critique]  « Hunger Games : La Révolte, Partie 1 » : Dangereux jeux de propagande

[Critique] « Hunger Games : La Révolte, Partie 1 » : Dangereux jeux de propagande

19 novembre 2014 | PAR La Rédaction

Adapté du roman éponyme de Suzanne Collins,ce troisième et dernier de la saga, ce film est divisé en deux parties sur grand écran. Suite directe de Hunger Games, L’Embrasement , on y retrouve Katniss dans le district 13 sous-terrain, qui depuis des années organise la rébellion. C’est la Présidente Alma Coin (Julianne Moore) qui est à la tête de celle-ci. Avec Plutarch (Philip Seymour Hoffman), elle a organisé son extraction dans le but de lever tous les districts contre le Capitole, guidés par la figure emblématique de la révolution, Katniss Abderdeen, alias « Le Geai Moqueur ». Mais la jeune femme n’est pas si facile à manipuler. Elle pense avant tout à Petaa et ses amis laissés derrière elle. Leur sort est désormais entre les mains du Président Snow (Donald Sutherland). Les croyant morts, elle refuse dans un premier temps de jouer les marionnettes. Mais lorsqu’elle découvre de ses propres yeux ce qui reste du district 12, bombardé par le Président Snow, elle retrouve sa rage et sa détermination. Elle est décidée à faire tomber le Capitole, à redonner leur liberté aux habitants de Panem, et à sauver Petaa.

« Si nous brûlons, vous brûlerez avec nous ».

Résolu à ne pas faire de Katniss une martyr, le Président Snow décide de la garder en vie. Mais il va s’acharner contre elle en utilisant Petaa. Ce dernier, retenu au Capitole, apparaît au plus mal à chacune de ses interventions télévisées. Il y supplie Katniss et les rebelles de déposer les armes pour le bien de tous. C’est un Petaa affaibli, yeux creusés, et aliéné qui s’adresse aux habitants de Panem.

hunger games 3Katniss comprend qu’il est torturé, mais elle ne comprend pas pourquoi son compagnon est maintenu en vie. Jusqu’à ce qu’elle réalise enfin que si Petaa respire encore, c’est pour qu’elle se sente éternellement coupable de son sort. Une punition machiavélique imaginée par le Président Snow, qui veut lui faire payer le sacrifice ultime.

Contrairement à ce que la bande-annonce pourrait laisser croire, dans ce volet, on est très loin de l’action des deux premiers épisodes. On s’intéresse à la psychologie des personnages, à leur histoire. Il y a d’ailleurs très peu de scènes de combats. Car l’idée première est de comprendre comment Katniss va redevenir le Geai Moqueur et guider la rébellion. Chose qui ne semble pas si simple puisqu’on retrouve dès la première séquence une jeune femme apeurée, hantée par ses cauchemars, ne pouvant fermer l’œil, et ne pensant qu’à ceux qu’elle a laissé derrière elle. Quant à Petaa, son rôle prend toujours plus d’ampleur, à chaque nouvel épisode. Dans celui-ci, le jeune homme explose à l’écran (notamment dans la scène finale). Une évolution du personnage qui ne peut que nous faire plaisir. Son image lisse et banale d’amoureux transi est écorchée par les traumatismes qu’il va subir contre son gré.

Le jeu de la propagande politique

Tout comme les précédents Hunger Games dont les jeux télévisés pouvaient nous faire penser à nos télé- réalités poussées à l’extrême, cet opus dévoile un autre aspect de notre société : la propagande politique, qui opère aussi bien du côté du pouvoir tout puissant que du côté de la rébellion.

Rappelez-vous, pour faire de Katniss une personne aimable, il avait fallu l’arranger, lui donner une tenue d’apparat, la rendre séduisante, et construire une histoire, même si celle-ci n’était pas réelle. Ce fut l’annonce du couple Petaa et Katniss.

Cette fois-ci, on a le droit à une mise en abyme avec la réalisation de spots de propagande diffusés dans tous les districts pour faire brûler la flamme de la rébellion jusqu’aux portes du Capitole. On assiste alors à une scène comique où Katniss doit réciter son texte, filmée et mise en scène par Effie Trinket et Plutarch, mais sans grand succès. Car le pouvoir de Katniss, sa force, c’est sa spontanéité. C’est un diamant brut.

Jennifer Lawrence joue à merveille cette jeune femme maladroite, qui ne parvient pas à réciter son texte avec conviction et mauvaise actrice, car pour y croire, elle doit être sur le terrain, aux côtés des rebelles, des blessés, des gens qui sont prêts à donner leur vie en échange d’un destin meilleur.

Senna (interprété par Lenny Kravitz et qui fut abattu dans le précédent épisode) avait préparé pour elle une tenue loin des robes qui s’enflamment et des cheveux « bigoudinés ». C’est au naturel, sans maquillage, sans artifice, mais toujours dotée de son arc que le Geai Moqueur saura mobiliser ses compatriotes.

 Trop d’Etat tue l’Etat

 Au final, Hunger Games, la révolte, partie 1 est un film sur la balance des pouvoirs, entre un pouvoir central régnant par la terreur, et des rebelles mettant en péril l’ordre injuste de Panem.

 C’est un rapport subtil à qui saura dominer l’autre, l’affaiblir et le mettre à ses pieds. Tour à tour, on voit ce pouvoir vaciller, tantôt entre les mains des rebelles, tantôt entre les mains du Président Snow.

 Enfin, le dénouement final est à la hauteur de ce qu’on attendait. Et nous laisse sur notre faim. Il faudra attendre novembre 2015 pour connaitre la suite ! Mais sans Philip Seymour Hoffman puisque ce dernier nous a quittés en février dernier, après une longue et époustouflante carrière. Merci Monsieur Seymour Hoffman !

Hela Khamarou

Visuel et vidéos : Way to Blue

« This is concrete » : Jefta van Dinther & Thiago Granato dansent l’amour sans messe basse au Centre Pompidou
Turi Simeti à la galerie Tornabuoni Art à Paris
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *