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“Années 20” d’Elisabeth Vogler : miscellanées parisiennes

“Années 20” d’Elisabeth Vogler : miscellanées parisiennes

03 mai 2022 | PAR Alexis Duval

La réalisatrice au pseudonyme tiré d’Ingmar Bergman propose un long plan séquence d’une heure et demie dans Paris. Si la prouesse technique et la proposition de cinéma fascinent d’abord, le dispositif révèle rapidement ses limites.

Il y a eu Victoria dans Berlin en 2015. En 2018, c’était au tour d’Utøya, 22 juillet dans la presqu’île au large d’Oslo. Le plan séquence unique est en 2022 le mode d’expression d’un nouveau film, Années 20 d’Elisabeth Vogler, dont le cadre est résolument parisien. Derrière ce pseudonyme tout droit sorti de Persona d’Ingmar Bergman se cache une réalisatrice qui met en lumière les œuvres plutôt que celles et ceux qui les font.

Curieux projet participatif

Ce curieux projet participatif suit, une heure trente durant, des personnages hétéroclites, des situations du quotidien et des conversations qui donnent la part belle aux hasards de la vie. Il est question d’amour, d’amitié, de sociologie… Des miscellanées parisiennes dont le recueil constituerait la moelle épinière d’une génération éprise de liberté et qui n’est pas forcément malheureuse d’être sans repères. 

Le parti pris esthétique constitue en soi une prouesse technique. Mais une fois passé le sentiment stimulant d’assister à une expérience de cinéma, le dispositif révèle rapidement les limites qui lui sont inhérentes. Enchaînements incohérents, direction d’acteurs parfois erratique, trébuchements linguistiques réguliers… La fin chorale laisse également perplexe. Reste qu’au milieu de productions formatées, Années 20 sort formellement du lot. Le résultat est déroutant parce qu’il s’affranchit des carcans narratifs. Et on ne peut que s’en réjouir.

Années 20, d’Elisabeth Vogler (1 h 30), sortie le 27 avril. Avec Noémie Schmidt, Alice de Lencquesaing, Manuel Severi, Elsa Guedj…

Crédit photo :© WAYNA PITCH

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