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Sous le regard D’Huppert, Lambert expose ses chefs-d’oeuvre

Sous le regard D’Huppert, Lambert expose ses chefs-d’oeuvre

14 juillet 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les chefs-d’œuvre de la donation Yvon Lambert est un best-of, cela peut au départ effrayer en donnant au parcours un côté MOMA : on voit le meilleur sans pouvoir rien déceler de ce qui a construit l’artiste. Ici, l’œuvre est le musée en soi qui en 2011 a changé de cap en donnant à l’Etat en dépôt permanent sa collection à Avignon. Bientôt le lieu s’agrandira, prenant possession de l’hôtel de Montfaucon. En guise de fête (La donation publique est évaluée à 556 œuvres estimées à 90 624 800 euros) nous nous promenons dans nos souvenirs : ceux des grandes expositions passées. Effectivement, chefs d’œuvre !


En 2009, Roni Horn expose à la Collection Lambert, elle capte notamment des dizaines de visages d’Isabelle Huppert, la série se nomme « portrait of an image » et c’est elle qui tout au long de l’exposition croise son regard avec le vôtre au fil des salles dédiées aux plus grands artistes qui ont fait depuis 10 ans tout rond, de ce lieu, un rendez vous majeur de l’art contemporain international. Ce sera tout en haut, un volcan en lave de Claude Levêque, dans un premier escalier, Still Lost de Douglas Gordon qui vous démultiplie, dans un second, Christian Boltanski fait référence à sa naissance et à la Shoah dans une descente éclairée par des ampoules à filament et ornée par des cadres noirs et vides. Si les espaces de circulation sont très bien conçus, les salles ne sont pas en reste.

Le diaporama à l’ancienne de Nan Goldin « All by myself », avec en fond la chanson de Eathe Kitt ou la salle Serrano qui de prostitué en néo-nazi en passant par un ouvreur d’Opéra vous offrira tous les visages de l’Amérique ne peuvent que séduire.

On regrette un néant pédagogique. Quand est-ce que les artistes ont été exposés, quels sont les contextes des œuvres ? L’exposition concerne les initiés. On adore revoir les livres blessés d’Anselm Kiefer ou les photographies à base de diamants de Vik Muniz, mais celui qui ne sait pas que ce dernier compose ses toiles avec de vrais éléments, comme ici des fleurs et de l’herbe pour le Semeur d’après Van Gogh, dans un hangar au sol avant de les photographier du haut d’un échafaudage manquent quelque chose.

Vous me direz : ce n’est pas le sujet ! En effet, l’expo joue avec talent la carte émotionnelle, le climat étant tendrement atteint avec les œuvres faites sur les tableaux noir de l’ancienne fac de lettres devenue musée.

Transmission, filiation, Les visages d’Huppert veillent sur la maison mère en attendant de traverser la petite rue Violette. « Les chefs-d’œuvre » de la donation Yvon Lambert est un appel d’air au cœur de la folie festivalière qui attisera la curiosité des néophytes et fera rêver ceux qui ont déjà la chance de connaitre les noms de Ryman, Judd, Marden ou Cy Twombly.

Visuel  Une: Portrait of an image (with Isabelle Hupert) / Roni Horn, 2005, Collection Lambert à Avignon

Visuel page intérieure : Claude Lévêque, j’ai rêvé d’un autre monde, 2001, néon, fumée, bande sonore

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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