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Art contemporain : la 3ème édition du salon DDessin

Art contemporain : la 3ème édition du salon DDessin

27 mars 2015 | PAR Simon Théodore

Organisé du 27 au 29 mars 2015 à l’Atelier Richelieu, la troisième édition de Ddessin met à l’honneur le dessin contemporain sous toutes ses formes. Fort du succès des deux premières années et bénéficiant d’un espace de 700m², cet événement propose une riche sélection d’oeuvres d’art contemporain et dresse un portrait du monde dans lequel les individus, aussi bien artistes que publics, évoluent.

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La décentralisation de l’art

Alors que nombre de galeries sont concentrées dans la ville de Paris, l’un des enjeux de ce salon est de mettre en lumière l’art exposé en province. Sont donc invitées, par exemple, la galerie Polysémie (Marseille), la structure Phantom Projects Contemporary (Troyes) ou encore la galerie LHOSTE (Arles). De la même manière, Ddessin offre la possibilité à des artistes étrangers de venir exposer. Ainsi les peintures à l’huile de Diana Kahil, représentante du Liban dans le cadre des célébrations de la journée internationales de la femme en 2011, côtoient les toiles de Makiko Furuichi (Japon). Le déplacement de l’art constitue le fil conducteur de cette initiative.

L’art contemporain comme portrait de la société

Cette forme d’art agit comme un miroir. Les diverses productions sont le vécu et le ressenti des créateurs face à l’adversité, aux événements et aux pressions de la société. Les thématiques du regard, de la violence ou de l’écologie se reflètent, à travers ces travaux, comme les symptômes caractérisant la société moderne, voire postmoderne.

Cette violence, subie au quotidien, se retrouve à travers la représentation du continent africain de l’artiste, originaire du Congo Brazzaville, Gastineau Masamba. « Mon travail est présenté comme violent mais c’est le monde qui l’est » affirme t-il devant l’une de ses productions réalisées à l’aide de fils. Alors que le crayon dessine, cette matière franchit la frontière du papier et souligne de nouveaux enjeux. Ce n’est pas la seule chose qui l’attire dans le travail de ce matériau : « je travaille le fil pour être en accord avec l’écologie » explique t-il.

La réflexion sur l’écologie est présente chez beaucoup des artistes exposant à Ddessin. La destruction de la civilisation par les séismes, les raz de marées ou autres éruptions volcaniques est, en soi, une véritable mythologie du contemporain. À l’instar d’une installation où des livres sont ensevelis sous la terre, l’exposition Gea, de terre, de fil et de papier évoque ce retour à la terre et cette nécessité de la protéger. Accroché sur un mur de cette même salle, le Nucleus I en polystyrène de Mai Tabakian représente cette terre comme matrice originelle de la vie. De manière plus discrète, le Corner illustrateurs laisse s’exprimer Johanna Thomé de Souza. Ses paysages dépeignent les paysages islandais comme archétype de l’imaginaire nordique : la montagne évoquant une forme de puissance ou encore les grands lacs et paysages gelés symbolisant la sérénité.

Syndrome de la société, le regard et l’apparence sont des éléments qui, à travers l’art contemporain, sont soumis à la déconstruction. Comme s’il y avait une nécessité d’oubli, la vision est absente des encres d’Hélène Paris. À l’inverse, l’Américain Brainard dénonce la société de l’hyper médiatisation. Ce panoptique de Bentham, incarné par les phénomènes de Big Brother ou la télé réalité, est le centre du projet de cet artiste, originaire de Brooklyn. L’apparence est aussi le sujet d’Isabelle Oziol de Pignol et de son interrogation sur le « devenir à la mode ».

Parmi un éventail de thématiques et de messages développés par la vingtaine de galeries exposées à l’atelier Richelieu, ce triptyque (violence/écologie/regard) dresse les enjeux de notre société contemporains. Le travail de la matière est le moyen d’expression de ces artistes internationaux. Certains sont déjà reconnus, d’autres ont été sélectionnés et, grâce à ce salon, ont la chance d’être mis en avant.

Aux côtés de ces différents artistes est présenté, en avant-première, Mikoo by Michel Lebrun. Celui-ci sélectionne et édite sur des foulards des motifs issus de la création de designers, stylistes ou graphistes. La collection printemps-été met en exergue les dessins de neuf auteurs. Tous les renseignements sur cette nouvelle ligne collaborative sont disponibles ici.

Un salon participatif comme tremplin artistique

Ddessin recentre l’artiste au coeur de l’exposition. Présent sur les lieux, il pourra interagir directement avec les amateurs. Ciblant un public de jeunes collectionneurs, à savoir des quinquagénaires, les gammes de prix (250 à 9000 euros) rendent possibles, sans prise de risque, les premières acquisitions.

De plus, la singularité de cet événement est la mise place du prix Ddessin. Choisi par 12 professionnels, le gagnant aura, en plus d’une dotation financière, la possibilité de résider et d’exposer à Tanger. L’idée est de faire sortir le créateur de son atelier. En le récompensant, il acquerra une meilleure visibilité. Enfin, celui-ci travaillera au moyen de nouvelles techniques de création. À l’aide d’une tablette graphique recréant les conditions d’outils plus conventionnels, il adaptera sa technique à l’ère numérique.

Enfin, deux tables rondes seront organisées, le vendredi 27 mars et le samedi 28 mars à 16h. Animées par des experts, ces rencontres porteront, à la fois, sur la possibilité de constituer des collections de jeunes artistes ainsi que sur la signification de ce qu’est le dessin d’aujourd’hui (technique traditionnelle/technique numérique).

La salon se déroule donc, du 27 au 29 mars, à l’atelier Richelieu, 60 rue de Richelieu. Ouvert de 11h à 19h (jusqu’à 20h le samedi), vous trouverez plus d’informations sur le site du salon.

Visuels : (c) Simon Théodore

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Simon Théodore

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