Danse
Jan Martens nous fait bondir avec « The Dog days are over »

Jan Martens nous fait bondir avec « The Dog days are over »

27 mars 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il fait chaud à en croire le titre ( en français : les jours de canicules sont finis) et surtout à voir leurs tenues : culotte léopard, petits soutifs côté filles, boxer doré pour les mecs. La bande de danseurs de Jan Martens a fait bondir de joie le public du Festival Exit de Créteil. Cette compagnie est à suivre de prés, mais pour arriver, il faut tenir le rythme.

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Qu’est ce que danser ? Mettre un pas devant l’autre disent souvent les profs avant de rajouter : en rythme. Le tempo ici est amené par le bruit des pieds chaussés de baskets très bien nouées aux pieds des huit danseurs. Huit, plus de filles que de garçons. Des grands, des petits. Ils font groupe intensément, comme s’il étaient reliés par la Main invisible, version plus dansée qu’économique.
On est ici dans la même philosophie de la danse que celle qui anime le génial Alessandro Sciarroni. Comme l’italien, le belge cherche l’épuisement dans la faille et la répétition.  La chorégraphie est mathématique. Rien à part leurs comptages dans leurs têtes ne les retiennent à la réalité. Il n’y pas de musique, pas de repères. Ils sont huit à l’unisson, se séparant pour construire des sous-groupes ou d’autres lignes.
L’effet est celui d’un désir. On en veut encore, nous spectateur soumis, sadique et voyeur. Ils vont transpirer, tendre leurs muscles en frisant l’accident. On jubile de leur douleur, de leur quête d’un extrême qui est au cœur des recherches performatives depuis longtemps et qui depuis la génération Bel, Charmatz… vient s’emparer de la danse passionnément.
Ils sont bons à nous rendre jaloux, contraint dans la direction des danseurs à garder le visage, la majeure partie du temps, serré, ne les autorisant pas à montrer leurs douleurs.
L’expérience est totale et géniale, elle opère, nous rend fous. Les pas entrent dans nos cerveaux, le bruit des rebonds devient alors musique au point que peut-être, si vous vous laisser prendre, vous entendrez un menuet qui annoncera un autre type de rebond, cette fois inséré au rythme du spectacle. C’est fini ? On ne sait jamais, tout peut rebondir à nouveau.

THE DOG DAYS ARE OVER by Jan Martens TRAILER from Jan Martens on Vimeo.

Tournée : Dans le cadre du Grand Bain, festival de danse contemporaine, à La Rose des vent (Villeneuve d’Ascq) les 15 et 16 avril.   Et à Paris, aux Abbesses du 26 au 30 janvier 2016.

Infos pratiques

Odéon Théâtre de l’Europe
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