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« Ma Samaritaine 2014 », une carte blanche décevante malgré le rassemblement de dix photographes

« Ma Samaritaine 2014 », une carte blanche décevante malgré le rassemblement de dix photographes

19 octobre 2014 | PAR Hugo Saadi

En travaux depuis 2005, La Samaritaine ouvre ses portes le temps d’une carte blanche à la jeune photographie. C’est donc dans un cadre assez atypique (escalators à l’arrêt, ascenseur condamnés, murs dégarnis) que sont exposés les différents photographes sélectionnés à l’occasion de la deuxième édition de « Ma Samaritaine ». Avec comme thème principal imposé : le quartier de la grande enseigne française, le résultat est éparse et partiellement intéressant.

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Il y a ceux qui arrivent à se positionner avec un regard différent, essayant d’offrir aux spectateurs une escapade visuelle, et ceux qui se cantonnent dans des banalités et de la photographie très (trop) simpliste. Ma Samaritaine mélange les deux genres proposant donc une exposition qui peine à captiver.

Quelques artistes se détachent malgré tout. Victor Vaysse s’attarde à capturer le quartier de Rivoli dans un noir et blanc bien travaillé. Bien qu’il en résulte une série de simples murs, des rideaux de fer baissés, de barricades de chantier ou encire de mannequins dégarni dans les vitrines, il capte une ambiance du type no man’s land qu’il est agréable à découvrir. Il en ressort une pause dans l’agitation de Paris, où les travaux ont rendu cet espace vide et sans vie. Isabella Hin, quant à elle décide de saisir les travaux sans artifices. La vétusté des murs, la rouille, les traces laissées par les infiltrations ou encore la crasse et la saleté accouchent sur des ensembles visuels originaux. Les jeux de couleurs et de matériaux (papier peint qui se décolle, les murs qui se craquent) délivrent une vision complètement inattendue de ce lieu. Une originalité qui se doit d’être mise en avant.

Plus grand-chose à se mettre sous la dent pour le reste. À noter toutefois les petit jeux visuels que mettent en place Louis Boulet et Emeric Lhuisset. Le premier utilise un cadrage qui force le spectateur à dénicher où se trouve la Samaritaine. Cela passera par un petit bout de l’enseigne dans au fin fond d’une ruelle ou par les vitrines visibles au loin dissimulées derrière des arbres. Le second incorpore des bribes d’actualités au sein de ses photos : Syrie, Irak, Ukraine … Le canon d’un tank, un soldat armé d’une kalachnikov, un dirigeable ou bien une voiture en feu s’immiscent dans les rues parisiennes pour créer un décalage. Enfin, les vrais faux catalogues de Charlotte El Moussaed permettront de changer d’air grâce à un format et un montage plutôt bien trouvé. La jeune photographe a décidé de mettre en boite les vendeurs et vendeuses qui ont travaillé à la Samaritaine.

Une déambulation au fil des clichés au cœur et aux alentours de La Samaritaine qui satisfait qu’à moitié malgré les dix jeunes photographes venus exposer leur travail.

Plus d’informations sur le site officiel.

visuels © Louis Boulet, Charlotte El Moussaed

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