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A La Haye, Le Mauritshuis confronte peinture XVIIème et photo contemporaine

A La Haye, Le Mauritshuis confronte peinture XVIIème et photo contemporaine

18 août 2022 | PAR Sabina Rotbart

Destination idéale pour un long week-end ou une fin de vacances, La Haye fête ces temps-ci le bicentenaire du Mauritshuis, son musée emblématique, en faisant entrer la photo contemporaine dans l’univers de la peinture classique. 

 

Le Mauritshuis (la maison de Maurits) à la Haye, aux Pays – Bas, vous connaissez bien sûr. Derrière le nom presque imprononçable de cette langue hollandaise grumeleuse à souhait se cache un musée abritant des trésors mondialement célèbres, la plus belle collection de Rembrandt et Vermeer notamment. Le visiteur y découvre des chefs d’œuvre comme la fameuse Jeune fille à la perle, la Vue de Delft de Vermeer qui a tellement impressionné Proust et le non moins fameux Chardonneret de Fabritius. Pour ses deux cent ans, le musée a laissé carte blanche à seize photographes contemporains avec une mission créer une photo qui fasse lien entre les peintures du XVIIème exposées et le public actuel.

Dans Flash-back (jusqu’au 16 octobre), certaines photos font simple et montrent l’écart de la réalité actuelle d’avec la Hollande bucolique du XVIIème. C’est le cas pour Le taureau superbe peint par Paulus Potter, une bête en majesté qu’un fermier couve du regard. Il se voit confronté à un cliché de Kadir van Lohuizen où dans une salle de traite informatisée la machinerie High Tech domine rendant les animaux invisibles. Très impressionnant aussi un portrait récent d’une petite fille avec son lapin en peluche de Désirée Dolron côtoie celui d’un enfant peint en 1657 par Jean de Bray. A l’époque à six ans, on avait fini de rire, l’enfant devait se comporter comme un petit adulte ce qui explique la mine sombre du bambin portraituré.

La photo bouleverse cet univers XVIIème

D’autres clichés prennent plus de liberté. A côté de Deux hommes africains de Rembrandt posent deux émigrés qui semblent leurs descendants. La colonisation est interrogée au travers de trésors ramenés autrefois des possessions néerlandaises. Très impressionnant est le contrepoint créé à la Lamentation du christ de Van der Weiden dont on connait les tonalités cadavériques. Une rosace de corps enlacés y répond, glacée d’une même lumière blafarde. Sont-ils morts, vivants, morts-vivants?

Parallèlement le musée sort de ses murs et  fait intervenir des street artistes (Nina Valkhoff, Julien de Casabianca, Super A …) dans des quartiers plus excentrés où ils côtoient parfois de petites dames vêtues presque comme au XVIIème.  Tout cela interroge la question de savoir ce que le contemporain veut dire. 

D’autres musées à ne pas manquer

Mais il y a mille autres choses à voir  à La Haye, ville royale et capitale administrative des Pays-Bas, le palais royal et le parlement y siègent d’ailleurs. C’est une ville royale aussi par le nombre et la qualité de ses musées, le Mauritshuis déjà nommé (de somptueuses collections de faïences incontournables), mais aussi le Gemeentemuseum qui possède la plus grande collection au monde de Mondrian. Sans oublier, plus  vers la mer, les dunes et le grand air, le Musée d’art contemporain de Voorlinden (accessible par le bus 43 depuis la gare de la Haye, www.woorlinden.nl). Un lieu très joyeux entouré d’un jardin contemporain créé par Piet Oudolf, le paysagiste qui a végétalisé la Highline à New-York. Et La Haye c’est tout près, le Thalys y mène facilement.

Pour en savoir plus : www.mauritshuis.nl

                                       www.holland.com

 

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Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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