Architecture
Preview : Sous la Verrière de la Fondation Louis Vuitton à une semaine de l’ouverture

Preview : Sous la Verrière de la Fondation Louis Vuitton à une semaine de l’ouverture

17 octobre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Alors que la Fondation Louis Vuitton  voulue par Bernard Arnault et érigée par Franck Gehry ouvrira ses portes au public le 27 octobre, ce vendredi 16 octobre, la presse était conviée à s’aventurer vers le Jardin d’acclimatation et à entrer dans le magnifique bâtiment pour une présentation complète du lieu. Premières impressions : l’espace est encore plus époustouflant qu’on ne pouvait l’imaginer et la beauté (ainsi que la taille) de l’auditorium laisse présager une intense activité intellectuelle et culturelle.

Bien orientés par de nombreux panneaux depuis le métro « Sablons », c’est un « iceberg » de toute beauté qu’on découvre de l’autre côté du Jardin d’acclimatation. S’étendant sur 11 000 m² dont 7 000 accessibles au public, le bâtiment imaginé par Franck Gehry pour abriter le fondation Louis Vuitton ouvre ses nombreuses vitres qu’il tend comme des écailles vers le ciel. A l’avant, il est les pieds dans l’eau, immergé dans une cascade fluide et qui fait un effet miroir. Accueillis par un véritable banquet dans le hall d’entrée, nous avons pu découvrir, bordé par l’eau de la cascade et rehaussé par les couleurs d’une immense sculpture de Ellssworth Kelly (2014) l’auditorium le plus beau de Paris, qui peut accueillir jusqu’à 1000 personnes.

Le responsable mécénat du groupe LVMH, Jean-Paul Claverie, a annoncé de nombreux événements à venir dans cet auditorium, culturels mais aussi intellectuels, puisque des colloques seront au programme. Il a accueilli la presse en présentant cette fondation comme enracinée dans le « socle identitaire » que forme la politique de mécénat du groupe LVMH, et qui a 24 ans. le projet est en gestation depuis 12 ans et aboutit à un lieu destiné a abriter création et transmission. Alors que le terrain est classé et appartient à la ville de Paris qui l’a concédé (et qui le récupérera dans 50 ans), il était inconstructible : Franck Gehry a du procéder à la destruction de bâtiments vétustes et à la reconstruction de ce lieu qui leur correspond en surface, au cm² près.

L’architecte de 86 ans qui est en ce moment l’idole des parisiens qui peuvent aussi découvrir son travail au Centre Pompidou était bien présent et est monté sur l’estrade pour parler. Il s’est excusé de ne pas s’exprimer en français s’il n’a pas bu un bon verre de vin, a évoqué sa manière de travailler par intuition pour éviter d’avoir à parler technique et a évoqué sa rencontre avec Bernard Arnault, ainsi que Marcel Proust se promenant sur le terrain de ce lieu mythique qu’est le Jardin d’acclimatation. Surtout, il a insisté sur le fait que le bâtiment n’était pas terminé, qu’il commençait tout juste à vivre et que, tel un violon mis au service de son violoniste, il était destiné à être complété par des artistes et des plasticiens. Par exemple, Daniel Buren lui a proposé de peindre toutes les faces de verre du bâtiment en couleurs et l’idée a pas mal séduit l’architecte américain!

Avant de laisser la parole à Frédéric Migayrou, commissaire de l’expo consacrée à la construction de la fondation au rez-de chaussée et à la rétrospective Franck Ghery du Centre Pompidou, la directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, Suzanne Pagé, a évoqué les grandes lignes du programmes à venir et qui s’organisent en 3 parties : une mise en avant du travail de Franck Gehry, celle d’un artiste contemporain, avec dès le 17 décembre une grande exposition Olafur Eliasson et puis une exposition historique, avec, à partir du 20 mars, « Les clefs d’une passion ».

Une fois la conférence terminée, nous étions invités à découvrir l’espace et les collections et avons commencé par les terrasses des 3ème et 4ème étages, époustouflantes, géométriques et pourtant fluides, communicantes et donnant à voir mille points de vues sur le bâtiment lui-même et son environnement. A l’intérieur, dans des salles aux dimensions inégalées abritent les chefs d’œuvre de la collection Arnault, avec notamment un florilège fou de toiles de Gerhardt Richter, une sculpture monumentale et très touchante de Thomas Schütte, des œuvres de Christian Boltanski, Annette Messager, Bertrand Lavier, Nam June Paik, Sigmar Polke, Wolfgang Tillmans, ou Olafur Eliasson. Et la performance a toute sa place : nous avons eu droit à un concert privé par 3 chanteurs de la Composition for a New Museum (2014) imaginée par Olivier Beer. Et, dans le cadre du programme d’ouverture, du 24 octobre au 24 novembre, des performances ont lieu chaque jour à la Fondation. parmi les artistes qui vont se produire, Olivier Beer mais aussi Dominique Gonzales-Foerster, le collectif Poésie Now! Florian Hecker ou le danseur Noé Soulier.

Un passage appuyé par l’exposition magnifiquement sténographiée dans un noir très élégant sur le travail de Franck Ghery à la fondation Louis Vuitton a fini de nous convaincre que Toute la Culture serait amenée à se rendre souvent au Jardin d’acclimatation dans les prochaines années. Nous sommes d’ailleurs d’ores et déjà impatients de retourner dans le magnifique écrin dessiné par Franck Gehry.

visuels : Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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