Politique culturelle

Ouverture de la MECA le 29 juin à Bordeaux sur une exposition « Far ouest » du FRAC Nouvelle Aquitaine

Ouverture de la MECA le 29 juin à Bordeaux sur une exposition « Far ouest » du FRAC Nouvelle Aquitaine

17 juin 2019 | PAR Yaël Hirsch

A Bordeaux, Toute La Culture a visité en avant-première le complexe qui ouvre le 29 et le FRAC avec une exposition « Il est une fois dans l’Ouest » où son action sur l’accès à l’art de l’Ouest de la France se conjugue résolument au présent.

Nous vous en parlions il y a deux ans, le FRAC Nouvelle Aquitaine MECA quitte son site du Nord de Bordeaux, près de la Cité du vin, de Vivres de l’art et de l’Iboat pour rejoindre le Sud de la ville dans le Nouveau quartier qui se déploie entre la gare Saint-Jean et les quais et qui est en plein boom. Elle rejoint OARA (en charge du spectacle vivant) et ALCA (l’Agence du livre du Cinéma et de l’Audiovisuel) pour former la Maison de l’économie créative et de la Culture en Nouvelle Aquitaine (MECA) dans un bâtiment de 12 000 m2 imaginé par les architectes danois BIG (Bjarke Ingels Group).

Alors que ce nouveau bâtiment forme une double arche en forme de looping qui pourra accueillir le public, même en heures de fermetures dans une chambre urbaine, ses deux piliers, occupés par l’OARA (en charge du spectacle vivant) et l’ALCA (l’Agence du livre du Cinéma et de l’Audiovisuel) s’adresseront plutôt aux pros. Alors qu’au rez-de-chaussée, le restaurant Studio Café Crème accueillera le public avec des produits locaux et la terrasse du troisième étage avec une vue plongeante sur la Garonne sera ouverte à tous. Une sculpture de Benoit Maire (lire notre article sur son exposition l’an dernier au CAPC), « Un détail » est édifiée sur le parvis dans le cadre du 1% artistique associé à la construction du bâtiment.

Aux trois derniers étages, le FRAC dialoguera avec les deux autres institutions et poursuivra son travail de 40 ans son travail de démocratisation de l’art contemporain, en allant à la rencontre du public. Le lieu lui permettra d’investir 1200 m2 d’exposition qui changeront trois fois par an, de concentrer ses 1200 œuvres dans des réserves de 900 m2 où il est possible de travailler, d’avoir un centre de documentation où les chercheurs peuvent prendre rendez-vous, un auditorium, une résidence de création, un espace de rencontre avec les jeunes publics et avec la chambre claire et la jetée, deux salles dédiées aux projets plus innovants ou pédagogiques. A l’heure actuelle, l’on peut ainsi voir deux projets d’aide à la mobilité et à l’accessibilité des œuvres pour cette institution qui est à l’origine de 20 expositions par an dans les coins les plus reculés du territoire. « La Clé Duchamp » permet aux enseignants de s’emparer de Marcel Duchamp comme clé qui ouvre les portes de l’art contemporain à leurs élèves et la nomade Mécano de la régionale, dessiné par Guillaume Hillairet et l’IRTS permet de faire voyager les œuvres dans des lieux où elles ne peuvent être surveillées.

Et Claire Jacquet et ses équipes du FRAC ont décidé d’ouvrir cette première exposition en ce nouveau bâtiment qui marque un nouveau départ pour l’institution, avec l’exposition « Il est une fois dans l’Ouest ». Les 100 œuvres choisies dans les collections, ou invitées, dessinent, comme le titre l’indique, un paysage divers, varié où le travail du FRAC sur l’ensemble du territoire et son dialogue avec de nombreux commissaires et institutions sera mis en valeur. Quelque chose, de riche, d’innovant et de composite qui se réparti en îlots créatifs le long des murs blancs des deux grands espaces majeurs du plateau d’exposition. Alors que l’on entre dans ce généreux far west par une grande fresque de Martial Raysse Le carnaval à Périgueux, prêtée par la Fondation François Pinault, très vite une autre fresque lui fait écho : il s’agit de Falaise de Bâmiyân de Pascal Convert, inspirée par l’Afghanistan et qui fait partie des collections du lieu. A partir des collections du FRAC, la commissaire Anne Dressen (du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris) a imaginé « Ici et là-bas » qui pose la question du « trans » et des frontières en mêlant notamment design et art contemporain. Les photos du FRAC ont été épluchées par Aurélien Mole et Eric Tabucchi pour une traversée sauvage et assez urbaine de cet art. Côté photo, on nous propose de découvrir Alice Raymond par sa série « la grande traversée ».

Parmi les institutions invitées pour cette « new frontier » de l’Art en aquitaine, le CIAP de l’île de Vassivière propose un travail sur son territoire de résidence d’art, COOP qui œuvre pour la promotion de l’art au pays basque propose de découvrir deux artistes : Charles Fréger et Rachel Labastie, le Centre d’art de la ville de Thouars donne à voir La joueuse de Yves Chaudouët, Irwin Marshall, fondateur de la très suivie galerie Silicone propose les mythologies de trois collectifs à suivre (Deborah Bowmann, Club Superette et Caylus) sous le titre-manifeste Selenite Mood Program. Enfin, le musée des Beaux-Arts de Libourne et Thierry Saumier proposent de suivre l’artiste Alexandre Delay (présent dans les collections du FRAC) autour de la question de la nudité dans le polar et de la place des femmes dans l’art. Enfin, le parcours se termine par une ouverture qui va bien au-delà de l’Ouest de la France et pointe vers la saison Africa : L’AFSACSA de Saint-Emilion propose de découvrir certaines pièces venant d’Afrique Australe.

La MECA ouvre fin juin, avec de grandes fêtes à prévoir à Bordeaux et l’exposition « Il est une fois dans l’Ouest » ouvre ses portes le 29 juin, avec un billet à 1 euros plus donation. A noter : Dans cette exposition l’on retrouve des œuvres de Géraldine Kosiak, à qui le FRAC Nouvelle Aquitaine MECA a confié les planches de ses 40 ans d’histoire.

Visuels :

 Lou-Andréa Lassalle, Caylus Culture Club,
performance, détail, 2013,
© Lou-Andréa Lassalle, photo DR
 
Alice Raymond, La Grande Traversée, 2018,
© Alice Raymond, photo DR
 
Charles Fréger, La Suite basque, de la série
Exiliados, © Adagp, photo Charles Fréger
 
Visuel à la Une : ©Vue de la MÉCA, photo Alexandre Dupeyron
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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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