Politique culturelle
Le conservateur kanak Emmanuel Kasarhérou est nommé Président du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac !

Le conservateur kanak Emmanuel Kasarhérou est nommé Président du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac !

27 mai 2020 | PAR Chloé Coppalle

Entré au Musée du Quai Branly en juin 2011 comme Chargé de mission pour l’Outremer, il devient ensuite Adjoint au directeur du département du patrimoine et des collections, à partir d’avril 2014. Le mercredi 27 mai 2020, il succède officiellement à Stéphane Martin, en devenant à son tour Président de l’institution.

Qui est Emmanuel Kasarhérou ?

Emmanuel Kasarhérou est conservateur en chef du patrimoine. À l’âge de 25 ans, il devient Directeur du Musée de la Nouvelle-Calédonie (Nouméa), de 1985 à 1998. En 1998 il entre à l’Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK) au Centre culturel Tjibaou, toujours à Nouméa, et ce jusqu’en 2011. Au sein de cet établissement, il sera successivement Directeur culturel, puis Directeur général à partir de 2006.

Qu’est-ce que l’Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK) ?

Créée en 1988, elle a pour objectif « de valoriser le patrimoine kanak, d’encourager les formes d’expression contemporaines de cette culture et de promouvoir la recherche et les échanges culturels ». Un an plus tard, elle obtient le statut d’établissement culturel. Dans les années 1990, le Centre culturel Tjibaou est alors construit pour l’accueillir. Le bâtiment est inauguré le 4 mai 1998 par le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin, la veille de la signature de l’Accord de Nouméa (voir ci-dessous), qui prévoit le futur statut institutionnel de l’île par un transfert de compétences entre la France et la Nouvelle-Calédonie sur différents domaines. Le transfert concernant la gestion de l’établissement fut notamment organisé en 2012, et le premier référendum de cet accord eut lieu le 4 novembre 2018.

La création du Centre culturel Tjibaou s’inscrit dans le projet architectural des Grands Travaux de François Mitterrand. À l’issu d’un concours international d’architectes, c’est le projet proposé par l’architecte italien Renzo Piano, qui fut sélectionné par François Mitterrand et Marie-Claude Tjibaou. Cette dernière est femme politique, et veuve du leader politique kanak Jean-Marie Tjibaou, qui mena notamment la ligue indépendantiste lors des Accords de Matignon signés à Paris le 26 juin 1988. Assassiné sur l’île d’Ouvéa le 4 mai 1989, le centre culturel porte son nom pour lui rendre hommage. En effet, c’est lui qui avait impulsé le projet d’un centre culturel pour soutenir et développer la culture kanak en organisant en 1975 sur la Plage 1000 à Nouméa le festival Mélanésia 2000. Ce festival est le premier de l’époque contemporaine consacré aux arts mélanésiens de la Nouvelle-Calédonie.

Emmanuel Kasarhérou sera directeur du centre jusqu’en mai 2011, avant de devenir la même année Chargé de mission pour l’Outremer au sein du musée parisien.

Emmanuel Kasarhérou au Musée du Quai Branly

Avec Yves Le Fur, il était commissaire de l’exposition « 20 ans. Les acquisitions du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac« , qui eut lieu cet automne 2019-2020. Lors de cet événements, il souhaita aborder l’héritage et l’avenir des productions réalisées et arrivées alors des périodes coloniales et post-coloniales, comme il l’expliqua à nos confrères de 9 Lives Magazine.
Quelques années auparavant, il organisa avec Roger Boulay, spécialiste des arts océaniens, l’exposition « Kanak, l’art est une parole », en 2013-2014. Ayant tous les deux monté une première exposition sur l’art kanak en Nouvelle-Calédonie puis en France en 1990, l’enjeu était d’organiser un deuxième événement, mais cette fois-ci avec beaucoup plus d’œuvres, grâce un accès à plus d’inventaires, et en abordant le double sens qu’on demanda aux objets de porter : la signification pour laquelle ils furent créées, ce qu’ils signifient pour la culture kanak, et le sens donné par les Européens depuis notre arrivée sur l’île à la fin du XVIIIème siècle. L’exposition fut organisée en écho au calendrier qui prévoyait autour de 2018 un scrutin des Accords de Nouméa, qui ont réactualisé en 1998 les Accords de Matignon (1988) quant à l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie.

La succession de Stéphane Martin

Depuis 1998, Stéphane Martin dirige la gestation du Musée du Quai Branly, du concours international des architectes remporté par Jean Nouvel, à l’ouverture du Pavillon des Sessions au Musée du Louvre, jusqu’à son ouverture officielle en 2006. Voulant dépasser le simple musée ethnographique en désirant l’acquisition d’œuvres témoignant de tous les types d’échanges culturels à travers le monde, il quitta ses fonctions en 2019. Emmanuel Kasarhérou avait présenté sa candidature en janvier 2020, et est aujourd’hui félicité par la Ministre des Outre-Mer, Annick Girardin.

 

Visuel : ©Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0), Creative Commons

 

 

 

 

 

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