Politique culturelle

La Schaubühne de Berlin assignée en justice par l’extrême droite

La Schaubühne de Berlin assignée en justice par l’extrême droite

17 décembre 2015 | PAR Clémence Charrier

Décidément, l’extrême droite sévit partout. Le parti Alternativ für Deutschland (AfD : Alternative pour l’Allemagne) a décidé de perpétuer l’éternelle tradition de sa mouvance politique : acharnement ciblé et refus des libertés d’expression.

C’est presque trop cliché pour nous étonner. Alors que Falk Richter, metteur en scène, présentait un pièce à la Schaubühne de Berlin, le parti d’extrême droite a décrété que non, décidément, ce n’était pas possible d’évoquer les peurs montantes en Allemagne, celles des migrants, de Schengen, de l’Europe, des frontières, peurs qui mèneraient à un climat de société absolument délétère, décrit dans la pièce. Ne pouvant parvenir à faire interdire la pièce, l’AfD a ainsi assigné en justice le théâtre, en demandant que la photo de la numéro deux du parti, Beatrix Von Storch, petite fille du ministre des finances d’Hitler (que la nature est bien faite) soit retirée de scène. Quelle joie de constater à quel point l’extrême droite est fidèle à elle-même. Lassant tout de même.

Malheureusement, tout ce cirque ne s’arrête pas là. Falk Richter révèle que « Le site web facebook de la Schaubühne a été attaqué », que « des menaces de mise à feu du théâtre » ont été proférées, ainsi que « des menaces de mort ». Lourdes accusations qui, étrangement, sont loin de paraître improbables. Les méthodes des extrêmes, on le sait, ne puisent généralement pas leurs forces dans le respect de la démocratie et des libertés fondamentales. Rétrograde, violente, restrictive, l’extrême droite prouve une fois de plus son inaptitude à s’ouvrir sur un quelconque débat sain en réfutant la moindre critique formulée à son encontre.

A l’heure où ces partis font une percée historique en Europe, cet événement est presque risible tant il renforce de lui-même les voix qui s’élèvent à son encontre et qui n’ont désormais presque aucun effort à faire pour dénoncer ces partis, si ce n’est relater des faits. Triste, triste spectacle.

VISUELS : © capture d’écran youtube  © creative commons

Un Beckett tragico-burlesque aux Bouffes du Nord
Tops cinéma 2015. Les meilleurs films d’auteur étrangers de l’année
Clémence Charrier

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *