Politique culturelle
La « cartocrise » des festivals: l’hécatombe culturelle française

La « cartocrise » des festivals: l’hécatombe culturelle française

16 mars 2015 | PAR Constance Delamarre

Depuis le 23 janvier, une « cartocrise » recense toutes les structures culturelles et tous les festivals annulés ou supprimés en France. Elle n’est malheureusement pas définitive.

Emeline Jersol, médiatrice culturelle au Boulon, Centre national des arts de la rue, est à l’initiative de cette carte et invite chaque citoyen à participer en informant sur une nouvelle manifestation ou structure manquante. Par cette « cartocrise » au poignant sous-titre « Culture française tu te meurs« , la médiatrice souhaite provoquer «une prise de conscience collective et une remise en question des politiques sur la place de la culture dans la société, qui n’est pas qu’un espace de loisir, mais aussi de réflexion» (article d’Alexandre Hervaud dans Libération).

Selon cette carte, une centaine de festivals dans toute la France ont vu leur édition 2015 annulée (pour certains leur édition 2014 déjà), ou pire, ont été complètement supprimés. Cette hécatombe culturelle touche autant les petits que les gros festivals et la liste est longue. Dans les « annulés », nous retrouvons les Musik’Elles de Meaux, le Festival Paris Cinéma, le Festival de Théâtre Contemporain d’Hauteville dans l’Ain, Uzès Danse, le festival Satiradax… et dans les « supprimés », le Festival du film asiatique de Deauville, les Voix du Gaou dans le Var, le Festival de Jazz d’Amiens, le Festival de théâtre de Collioure, La Défense Tour Circus, ou encore le Festival des Nuits Européennes à Strasbourg qui, créé en 1932, était le plus vieux festival de musique classique de France, nous livre Le Parisien.

En cause de cette crise culturelle, des restrictions budgétaires de la part des collectivités locales ou régionales, alors que les subventions publiques représentent les principaux soutiens financiers des festivals. Les coupes budgétaires proviennent de choix des nouveaux élus, depuis les élections municipales de mars 2014, mais également de la réorganisation des régions entraînant des financements totalement différents. Aussi, en novembre 2014, le Sénat a décidé que l’Etat devait réduire ses dotations aux collectivités dans le budget 2015 afin de réduire le déficit public, et ce jusqu’en 2017.

Dans les communes, la culture en prend donc un coup. Pour cause de budget trop élevé avec trop peu de public, les Rencontres internationales du dessin de presse, pourtant essentielles dans notre actualité, ont d’ailleurs été suspendues en 2015 (selon le Charlie Hebdo du 4 mars 2015, la peur aurait également été un facteur décisionnaire). La commune de Carquefou réfléchit à une autre forme d’événement pour 2016.

En tout cas, au 23 février 2015, 143 points ont été recensés sur la « cartocrise », ce qui ne risque pas de faire venir du public. La culture française meurt-elle vraiment ?

Visuel: capture d’écran Twitter

 

 

 

[Interview] Bernard-Henri Lévy : « C’est la récurrence, la complicité, la mise en batterie de plusieurs œuvres qui fait que la pensée en surgit »
Star Wars VIII annoncé pour mai 2017
Constance Delamarre

4 thoughts on “La « cartocrise » des festivals: l’hécatombe culturelle française”

Commentaire(s)

  • Triste constat et c’est bien dommage.
    Cela fait plus d’un an que nous essayons de présenter da2 spectacles : théâtre, danse contemporaine..

    mars 17, 2015 at 18 h 49 min
  • Triste constat et c’est bien dommage.
    Cela fait plus d’un an que nous essayons de présenter dans différentes villes, 2 spectacles : théâtre, danse contemporaine..
    Bien que nous prenions à notre charge une bonne partie des frais.
    Rien à faire, c’est SUPER difficile.
    On ne lâche pas.

    mars 17, 2015 at 18 h 53 min
  • fourcade

    ce n’est pas que la culture française qui se meurt c’est toutes les cultures qui ce dégrade pourquoi? LES causes sont la mondialisation, le développement exacerbé de la technique du numérique de la baisse de qualité des œuvres de la cooptations des protagonistes dans le milieu des arts du politique et des affaires des gens qui n’ont rien a dire si ce n’est que rechercher a satisfaire leur petit ego narcissique.

    mars 21, 2015 at 12 h 41 min
  • Laurent Coubronne

    Cette carte pourrait être celle de beaucoup d’autres activités culturelles ou non d’ailleurs. Le problème n’est pas économique. Il est exclusivement politique. Nous ne décidons plus de ce qui se passe sur nos territoires. C’est un des effets pervers de la ratification par la France de nombreux traités internationaux à commencer par le dernier, le Traité de Lisbonne. Nous avons ce que nous méritons dans le cadre des constitutions auxquelles nous avons souscrit. Soit nous disons « Amen » soit nous réécrivons ensemble la Constitution de notre pays au lieu de voter comme des cons pour les partis corrompus suggérés par nos indéboulonnables média officiels. La France est morte. Depuis longtemps déjà. Nous sommes de surcroît beaucoup trop divisés ou communautarisés pour mener à bien notre combat pour la préservation et la promotion de la culture. Que faire si ce n’est commencer par le commencement? Nous devons monter au créneau avant qu’il ne soit trop tard. Quand tout aura disparu, il n’y aura plus rien à sauver. Même analyse que pour la préservation de la biodiversité, pour la lutte contre la faim, pour l’accès à l’éducation,etc, etc, etc…

    juin 13, 2015 at 10 h 55 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture