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Un café en Une du New Yorker pour rendre hommage à Paris

Un café en Une du New Yorker pour rendre hommage à Paris

24 novembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

Pour son prochain numéro du 30 novembre, le magazine américain a fait appel au dessinateur français Charles Berberian pour sa couverture. Son dessin représente un bar typique des quartiers de l’est parisien. 

The New Yorker est un magazine américain qui publie des reportages, de la critique, des essais, des bandes dessinées, de la poésie et des fictions. Auparavant hebdomadaire, il est désormais publié quarante fois par an avec six éditions supplémentaires, couvrant deux semaines. Même si ses critiques et son agenda se concentrent sur la vie culturelle de la ville de New York, The New Yorker a un large public en dehors de la ville grâce à la qualité d’écriture de ses journalistes. Le journal fait donc une exception en consacrant sa couverture à la ville de Paris. Il avait déjà fait un article après les attentats de Charlie Hebdo à Paris s’intitulant The Attack on Charlie Hebdo. 

Le dessinateur Charles Berberian est aussi l’auteur de la couverture des Inrocks du 18 novembre, titrée Paris nous appartient, dans lequel, il évoque le 10ème arrondissement durement touché par les attentats. C’est dans ce 10ème arrondissement même qu’il avait déjà consacré un album au quartier du canal Saint-Martin (dont fait partie la rue Bichat, où se trouvent Le Carillon et Le Petit Cambodge). Bienvenue à Boboland (Fluide glacial-Audie, 2008) est le titre de cet album qu’il a fait avec son complice Philippe Dupuy (auteur aussi avec lui de la série Monsieur Jean). Berberian est en fait un grand dessinateur de la capitale française.

C’est donc en toute logique que le New Yorker a fait appel à ce dessinateur. Il explique à la radio France Inter que c’est Françoise Mouly, la directrice artistique du New Yorker pour qui il avait déjà travaillé, qui l’a contacté. Il raconte: « C’est quelqu’un avec qui j’aime bien travailler parce qu’elle sait comment améliorer une idée de départ. Elle avait envie que ce soit une terrasse de bistrot. ».

Dans un petit texte explicatif publié sur le site du magazine américain, et intitulé «L’histoire de la Une», le dessinateur français témoigne de la violence qui s’est abattue sur la Ville Lumière le 13 novembre dernier: «C’est horrible quand la guerre vient frapper à votre porte» confie-t-il. «C’est ici que je vis, c’est mon quartier. Le jour d’après les attaques, samedi, c’était si calme… Personne n’était dans les rues.». Son dessin synthétise l’esprit de ce quartier endeuillé par la tuerie perpétrée par les terroristes de Daech. Même s’il ne porte pas le nom du Carillon, le bar représenté par Berberian y fait diablement penser. La seule tache de couleur s’avère être le ciel d’un rouge sanglant qui n’augure rien de bon à l’horizon.

Visuels : ©images du The New Yorker

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Pauline L'Huillier

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