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Les mots vibrants de Kirk Douglas contre les discours fascisants de Trump

Les mots vibrants de Kirk Douglas contre les discours fascisants de Trump

27 septembre 2016 | PAR Charles Filhine-Trésarrieu

Démocrate assumé depuis des décennies, l’acteur a décidé, à l’aube de son centième anniversaire, de partager ses craintes quant au danger que représente la possible arrivée de Donald Trump au pouvoir. Malgré cela il se révèle optimiste pour l’avenir en évoquant la probable défaite prochaine du candidat républicain.

C’est un monument de l’histoire du cinéma hollywoodien qui vient de faire retentir sa voix dans la campagne présidentielle américaine. La semaine dernière, dans les colonnes du Huffington Post, Kirk Douglas s’est fendu d’une violente tribune contre le candidat républicain. Il y déploie alors, sans jamais directement les nommer, un parallèle entre deux hommes : Adolf Hitler et Donald Trump. Ce n’est pas la première fois que cette comparaison est faite, avec par exemple la très reprise une du Philadelphia Daily News, mais cette fois-ci elle est portée par un homme qui en a la légitimité, car Kirk Douglas se souvient, il était là lorsque le fascisme est monté en puissance dans les années 1930.

La mémoire vibrante de l’Amérique progressiste

L’acteur rappelle qu’il est le fils d’immigrés russes de confession juive ayant fuit les pogroms et les exactions antisémites du tsarisme au début du siècle dernier. Il évoque leur désillusion une fois arrivés aux États-Unis et le fait qu’à l’époque déjà les mots pourtant si beaux du célèbre sonnet d’Emma Lazarus, gravés sur le piédestal de la Statue de la Liberté, ne s’appliquaient pas de manière égale à tous les nouveaux arrivants : « Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres, envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres ».

Né à New-York en 1916, Kirk Douglas se souvient. Il se souvient qu’en un siècle d’existence il a vu les femmes américaines obtenir le droit de vote, il a vu un homme d’origine irlandaise catholique devenir président, puis un métis afro-américain accéder au même poste, et enfin une femme devenir la candidate d’un des deux principaux partis à la présidentielle. Toutes ces choses qui paraissaient inimaginables avant qu’elles ne se produisent ont finalement eu lieu, et l’acteur s’en réjouit car elles sont représentatives des idées progressistes qu’il a toujours soutenues.

Une mise en garde contre le retour des idées fascisantes

Mais il se souvient aussi de la Grande Dépression, des guerres mondiales et de l’arrivée au pouvoir du fascisme en Allemagne en 1933, lorsqu’il avait 16 ans. Selon lui Hitler et Trump ont en commun de vouloir « restaurer leur pays dans leur grandeur passée » et partagent une rhétorique nationaliste et haineuse. Il évoque alors le fait que Hitler, tout comme Trump, n’a d’abord pas été pris au sérieux et considéré comme un « bouffon » pendant des décennies. Personne n’a oublié qu’il y a encore un an la candidature du riche homme d’affaire reconverti dans la téléréalité faisait rire la presse. Kirk Douglas met en garde les Américains contre le fait de reproduire l’erreur des Allemands qui n’ont pas su déceler la menace que représentait Hitler à l’époque. Une menace qu’il semble retrouver dans les propos de l’actuel candidat à la maison blanche.

Toujours sans le nommer directement, Kirk Douglas cite un passage du discours tenu par Donald Trump le 31 août dernirt à Phoenix, en Arizona, à son retour du Mexique. Ce jour là le candidat républicain s’exprimait sur sa vision de l’immigration et a réaffirmé sa volonté d’une politique de fermeture des frontières. Il a proposé d’imposer des tests à tous les candidats à l’immigration qui comporteraient une « certification idéologique » pour s’assurer qu’ils partagent les valeurs américaines. Dans sa tribune, Kirk Douglas lui répond d’un cinglant : « Ce ne sont pas là les valeurs américaines que nous avons protégés en combattant pendant la Seconde Guerre mondiale. ».

Avec le recul, un optimisme toujours intact

Kirk Douglas refuse de croire que le crépuscule de sa vie ne devienne l’aube d’un nouveau fascisme porté par le candidat républicain. Il reste optimiste et conclut son texte en souhaitant pouvoir passer son anniversaire à siffler Happy Days Are Here Again, un mois après les résultats de l’élection présidentielle américaine qui verra selon lui la défaite de Trump. Avec cette tribune il encourage les Américains à ne pas sous-estimer le danger que ses idées représentent. S’il utilise des arguments qui peuvent paraître inadéquats ou disproportionnés, en comparant le riche magnat new-yorkais au principal responsable de l’un des pires génocides du siècle dernier, force est de constater qu’il le fait de manière lucide et raisonnée. Et ses arguments sont percutants.

On comprend la colère et la peine de l’acteur lorsqu’il évoque le fait que sa femme Anne Buydens Douglas, qui est née à Hanovre en 1919 et a passé les premières années de sa vie en Allemagne, ait été glacée d’effroi en écoutant le discours de Trump à Phoenix. Ces gens ont suffisamment de recul sur ce qu’a été le XXe siècle pour que leur ressenti sur la situation actuelle doive être pris en compte. Dans tous les cas, les déclarations de Kirk Douglas ont fait le buzz ces derniers jours. A cent printemps, l’acteur a plus que jamais des airs de héros antique, faisant revivre l’esprit de ce Spartacus épris de justice sociale qu’il incarnait avec tant de brio en 1963.

Visuel : © Capture d’écran YouTube – Universal Movies

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Charles Filhine-Trésarrieu

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