Pop / Rock

[Live report] DIIV au Trabendo

[Live report] DIIV au Trabendo

28 septembre 2016 | PAR Bastien Stisi

Quatre ans après la parution du très bon Oshin, et quelques mois après la fin des déboires extra-musicaux connus par le groupe pendant un bon moment (Zachary arrêté avec sa petite amie Sky Ferreira pour possession de came, bassiste qu’on fout dehors parce qu’il se montre homophobe et raciste, batteur qui, lui aussi, baigne un peu trop dans la drogue), les New-Yorkais de DIIV, forcément quand même un peu assagis après ces affaires-là, ont sorti en février et sans que l’on n’attende plus grand-chose d’eux l’un des indéniables meilleurs albums marqués « rock indé » (le terme est fourre-tout, alors fourrons-y plein de choses) de l’année. Le meilleur même, pour l’heure, et puisque l’on se sent d’humeur à faire des classements et à hiérarchiser les choses.

Petit problème, faut le retranscrire en live, cet album. Et Zachary Cole Smith, ce chanteur / compositeur / poète de gare aux cheveux d’or et aux allures de gourou nirvanesque relativement sympathique (on va employer ce mot-là parce que le nom du groupe, de base, vient d’un morceau de Nirvana) qui est à la tête de toute cette histoire, est un peu bavard. Pas mal même. Et si ce qu’il raconte n’est pas toujours inintéressant (globalement, on nous donne des conseils de vie pour ouvrir l’esprit et pour être gentils les uns avec les autres, ce qui n’est jamais mauvais pour le karma), on a quand même eu quelque fois envie de lui dire, hier soir dans le club égaré entre les immenses Zénith et Philharmonie du Parc de La Villette, de garder toutes ces divagations pour après, quand les gens qui auraient envie de devenir eux aussi vegan seront encore dans le coin, par exemple.

Et c’est un peu dommage, qu’il soit aussi volubile, ce garçon-là, et que chacun des morceaux entonnés par le groupe qui a clairement envisagé avec Is The Is Are une ouverture pop que l’on n’aurait pas nécessairement vu venir compte tenu du caractère shoegaze bourré de reverb et je-me-regarde-les-pompes-tiens-elles-sont-sales du premier album, soit toujours entrecoupé d’un flow de paroles qui nous aurait quand même souvent coupé, faut bien l’avouer, dans un élan qui s’annonçait pourtant si grand. Bon.

Mais passé le blabla de Zacha, qui s’atténuera quand même largement dans la dernière partie de ce live qui nous aura tous regroupé au même endroit et orienté vers le même objectif durant 1 heure 30, ces New-Yorkais-là et leur look de hipsters tee-shirts trop longs-dégaines désinvoltes-cheveux sales-casquette (et bob pour Zachary) assurent carrément. On enchaîne les morceaux du premier (« How Long Have You Known », « (Druun) », « Oshine (Subsume) ») et ceux du deuxième (« Mire (Grant’s Song) », « Valentine », « Under the Sun »), des images d’une vie ordinaire où l’on mange des flageolets et où l’on prend des vans défilent de manière discontinue en vidéo derrière, et quand ça enchaîne, tout va bien. Très bien même. C’est même le pied en réalité. L’apogée est sur « Dopamine » (mais c’est peut-être une question de sensibilité personnelle), et également sur « Out of Mind » (là c’est indéniablement pour tout le monde), que les gens saluent en renversant leurs pintes devant en pogotant (et en loupant leurs slames, aussi, vu qu’ils s’y prennent particulièrement mal), et en en loupant pas une goutte derrière, pour ceux qui aiment bien prendre du recul. On en prend aussi ce matin tiens : le sentiment global, c’est que c’était franchement bon, malgré tout.

Visuels : (c) Robert Gil

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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