Actu

Germaine Tillion entre au Panthéon

Germaine Tillion entre au Panthéon

20 février 2014 | PAR Marie Pichereau

Vendredi prochain, Le président François Hollande devrait annoncer le transfert des cendres de la résistante au Panthéon. Cette historienne et ethnologue de formation a marqué la mémoire collective de part son engagement pendant la résistance mais également durant la période de la guerre d’Algérie. Disparue il y a six ans et aujourd’hui presque canonisée, l’occasion est faite de revenir sur son parcours et son combat.

DFC_UPHJ3q3BPCyC1wXAsKKf1YYGermaine Tillion est en premier lieu connu pour son travail d’ethnologue et particulièrement pour son étudie de l’ethnie Berbère des Chaouias présent dans l’Aurès (région montagneuse à l’est de l’Algérie) . C’est après ses études supérieures à l’Ecole du Louvre et à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes au Collège de France en 1925, qu’elle se dirigera une fois diplômée à l’Institut d’Ethnologie. Elle y suivra assidument les cours de Marcel Mauss qui deviendra par la suite son directeur de thèse. En 1934, toujours sur les bonnes recommandations de Marcel Mauss, Germaine Tillion est recrutée par l’Institut International des Langues et des Civilisations Africaines basé à Londres pour une mission de recherches ethnographiques dans les Aurès. L’une de ses études les plus notables en matières d’ethnologie. « Toute ma vie j’ai voulu comprendre la nature humaine, le monde dans lequel je vivais ». Cette phrase de Germaine Tillion, devenue maintenant très célèbre illustre parfaitement l’altruisme dont elle faisait part et son engagement certain dans la compréhension de la nature humaine.

La Résistance

Le chapitre suivant est celui de son engagement dans la Résistance autour des années 1940 au moment de l’armistice. Son premier acte de soutient sera de donner les papiers de sa famille à une famille juive qui sera ainsi protégée jusqu’à la fin de la guerre. Très engagée et après l’arrestation de Paul Hauet (dont elle est l’adjointe dès 1940), elle deviendra chef de la filière d’évasion de prisonniers de guerre fondée par le colonel Hauet peu de temps avant. Une fois la guerre terminée son travail et son rang seront validés par le grade de Commandant. Elle analysera la résistance via le prisme de l’ethnologie et développera une analyse autour de l’importance des réseaux et des volontaires au sein des organisations. Pour elle, la Résistance devait organiser des évasions, informer la population soumise à la propagande nazie et soutenir les Anglais.

La guerre d’Algérie

5_decembre_-germaine_tillion_a_dos_de_mule_entre_tagoust_et_menaa_dans_laures_algerie_mars_1935c_association_germaine_tillion_detail705x352webL’un des autres épisodes significatifs dans sa vie et son retour en Algérie vers les années 1954. Elle y retourne pour une mission d’observation et d’analyse de la situation face au risque de la guerre. Il en accouchera une analyse particulière de ce début de guerre qu’elle nommera « la clochardisation de la population algérienne ». Dans son souhait d’améliorer ce pays qu’elle affectionne particulièrement, elle lance en 1955 la création de centres sociaux. Elle encouragera le développement de ces centres jusqu’au début de 1957. Elle ira encore plus loin dans son combat en rencontrant clandestinement Yacef Saâdi, le chef de la Zone Autonome d’Alger, le 4 juillet 1957 pendant la bataille d’Alger. Son seul souhait était de mettre fin à la spirale des exécutions capitales et des attentats aveugles.

9782020632553Après l’Algérie, Germaine Tillion a continué à mener divers combats politiques toujours en lien étroit avec la Maghreb et la méditerranée. Aujourd’hui beaucoup de ces travaux sur les sociétés méditerranéennes sont une référence en matière ethnologie. En 1999, elle a été élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur. Sa présence sur le devant médiatique remonte à 2004. Accompagnée d’autres intellectuels français, elle avait lancé un appel contre la torture en Irak. C’est centenaire ( 101e année) qu’elle décédera en avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé.

Visuels @capture d’écran.

Olivier Dubois : un homme entier au CCN de Roubaix
[Chronique] « Bruxelles » : les mille et une vies de Judah Warsky
Marie Pichereau

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *