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La cinémathèque documentaire : un projet à grande échelle

La cinémathèque documentaire : un projet à grande échelle

13 mars 2018 | PAR Lili Nyssen

Dés la fin du mois de mars, le projet d’une Cinémathèque du documentaire, étendu sur des structures dans toute la France, sera mis en oeuvre.

« Le cinéma est né documentaire, on l’oublie toujours » a affirmé ce matin à une conférence de presse Julie Bertucelli, réalisatrice de sublimes documentaires tels que Dernières nouvelles du Cosmos et La Cour de Babel, et présidente de la Cinémathèque du documentaire. La réalisatrice est porteuse du projet  qui n’est pas pour objectif l’édification d’un bâtiment recensant et projetant des films documentaires, mais qui est plutôt l’organisation et la fédération des acteurs publics et privés du film documentaire dans toute la France. Ainsi, le projet consiste en la constitution d’un large réseau du film documentaire, une toile tissée entre les membres d’une grande famille pour permettre d’œuvrer ensemble à la diffusion de ce cinéma. Les partenaires sont donc nombreux : Ministère de la Culture, CNC, Scam,  Sacem, France Télévision, Bibliothèque Nationale de France, Bibliothèque Publique d’Information... C’est d’ailleurs cette BPI du Centre Pompidou, dirigée par Christine Carrier, qui sera le lieu central de diffusion de documentaires dans le cadre de cette cinémathèque, avec la mise en place d’une programmation quasi quotidienne, organisée en grands cycles. Le prochain grand cycle organisé aura lieu du 4 avril au 1er Juillet 2018, et s’intitule « À l’oeuvre. Être(s) au travail ». Le public aura le plaisir d’y visionner des films de tous les temps forts du cinéma documentaire, des frères Lumière à Michel Andrieu, de Dziga Vertov à Claire Simon, tous évocateurs de thématiques qui traversent les âges depuis la création du 7e art : « Symphonies et désenchantement », « pour mémoire, à présent », « être(s), lieux, utopies ».

La cinémathèque documentaire, projet porté depuis plusieurs années par Julie Bertucelli, atteint enfin son accomplissement grâce à l’aval de Françoise Nyssen, ministre de la culture. Le projet est partagé par une trentaine de lieux (institutions et associations) de diffusion dans de nombreuses régions en France. Mais ce réseau met aussi en jeu d’autres acteurs, en renforçant le poids d’internet et de la télévision, qui œuvrent pour la diffusion du cinéma documentaire sur petit écran, qui est depuis longtemps un mur porteur dans la survie du documentaire. La directrice de France 3 Dana Hastier a expliqué ce matin : « En France, il y a deux genres qui sont toujours mis en exergue : la fiction française qu’on diffuse beaucoup, et le documentaire, qui est un genre qui souffre. » Elle ajoute ensuite : « À la télévision, on fait une partie de la cinémathèque de demain. La cinémathèque donne du statut aux films, elle les fait rentrer dans l’histoire ».

Seul éventuel bémol : la cinémathèque documentaire veut œuvrer principalement pour la diffusion de ce qui existe déjà, pour la valorisation d’un patrimoine, et non pour l’étendue de sa création. Les fonds sont principalement destinés à cela, non aux financements de jeunes projets.

Une soirée célèbrera le projet le 28 mars au Centre Pompidou, avec la diffusion de L’illusionniste d’Alain Cavalier, et de The Cinema Travellers de Shirley Abraham et Amit Madheshiya.

Visuel : Affiche officielle, Cartographie, The Boot Factory de Lech Kowalski ©Revolt Cinema,  Nous irons jusqu’au bout de Torr e benn  ©Jean Louis le Tacon, Entre nos mains de Mariana Otero © Diaphana

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Lili Nyssen

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