Fica no singelo : l’évidence de la danse traditionnelle selon Clara Andermatt

24 mai 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Jusqu’au 4 juin, le Théâtre de la Ville fait son festival. Chantiers d’Europe pour sa septième édition nous emmène en Grèce, en Italie, en Pologne, en Suède et hier soir, en date unique, au Portugal pour le spectacle Fica no singelo, en français « Il est simple ».  Une pièce qui calme et enrobe.

Note de la rédaction :

L’ovalité du bientôt défunt plateau du théâtre de la ville est mise en valeur. Des instruments traditionnels sont posés, aucun homme ne vient encombrer la beauté de l’image et la force du son électronique déjà hypnotique. Puis, ils vont enter, eux et elles, musiciens et danseurs. Et commencer à  imposer les pas  issus du village, du terroir. Ici, nous sommes déjà loin de Lisbonne et loin aussi du XXIe siècle, il faut aller plus loin, retourner Back home comme le jouait Charlie Parker. Sur la place ici stylisée, enrobée de deux murs de lumières à cour et à jardin, les duels et les rondes se font dans des pas qui alternent les ciseaux et les déplacements où les croisements sont rois.

La rapidité et la virtuosité sont les maîtres mots de ce spectacle très léché. Aucun doute, nous sommes dans le contemporain. La chorégraphe a fait ses armes aux Etats-Unis et son apport à la circulation du populaire à l’intellectuel vient se place dans la veine des   travaux de Christian Rizzo et Alessandro Sciarroni. Il est intéressant et même troublant de faire les liens entre les trois spectacles  : D’après une histoire vraie se nichait en Turquie, Folk’s en Autriche et Fica no singelo au Portugal. Et pourtant, les ouvertures de bras, les fulgurances des « battle », les rapports de force qui se jouent jusqu’à l’épuisement dans la répétition sont les mêmes. Ici, méditerranée oblige, les rapports familiaux sont mis en avant, et la définition traditionnelle du couple est de rigueur. Chacune retrouve rapidement son chacun pour danser à deux dans des valses superbes.

La musique est éblouissante, dirigée par Luis Pedro Madeira et Clara Andermatt. Les percussions font duel avec une guitare portugaise (instrument indispensable du fado),  La violence et l’acidité du biniou s’opposent au bandonéon.

On reprochera au spectacle quelques longueurs. Clara Andermatt insiste sur l’idée de répétition jusqu’à la douleur. Mais cette sensation s’efface dans un magistral final en clair obscur qui fait de Fica no singelo un petit bijou.

Visuel : ©DR


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