Danse

Núria Guiu Sagarra explore Facebook comme une ère de jeu chorégraphique à Chantiers d’Europe

Núria Guiu Sagarra explore Facebook comme une ère de jeu chorégraphique à Chantiers d’Europe

22 mai 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival Chantiers d’Europe se déploie au Théâtre de la Ville jusqu’au 1er juin, hier soir, lors d’une « soirée danse » 100% espagnole,  nous avons pu découvrir la très connectée Núria Guiu Sagarra

Likes est ce qu’on appelle une pièce dans l’air du temps. La chorégraphe et danseuse est également professeure de yoga et a une formation en anthropologie. Elle raconte, façon cours magistral décomplexé, son sujet d’étude, et, il est plutôt rigolo. Partant du postulat que le like est « un objet de prestige », c’est à dire un élément qui valorise l’ego, elle s’est questionnée sur deux phénomènes très viraux : les postures de yoga qui envahissent les réseaux et les vidéos de « cover dance »où un danseur propose une chorégraphie sur un tube et ses pas sont reproduis à l’identique par d’autres danseurs sur d’autres vidéos, comme une chaîne.

La performance est vite extrêmement drôle car elle nous confronte à nos tics les plus vils. Le capitalisme dans sa version web transforme les 15 minutes de célébrité en une course infinie où un symbole- le pouce- et un chiffre font corps commun pour tester sa popularité.

Núria Guiu Sagarra, blonde, queue de cheval et tenue de sport s’amuse à construire des phrases chorégraphiques oxymoriques : le yoga et la danse pop. En théorie pas de lien. Sauf un. Le yoga comporte des mouvements mais à visée non rythmique et non esthétique, mais les réseaux sociaux changent cette vision. Elle impose donc une danse qui mêle gestes en sur-jeu où les hanches tombent et les bras se lèvent avant qu’un poing viennent frapper le cœur et postures ultra maîtrisées à l’alignement parfait.

L’appétit performatif de Núria Guiu Sagarra, résidente à Sala Hiroshima, qui a dansé ( tout de même) chez Gisèle Vienne et à la Bathseva en font une artiste à suivre de prés.

 

Visuel : ©Núria Guiu Sagarra

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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