Danse

D’après une histoire vraie, la danse tonique et réjouissante de Christian Rizzo

D’après une histoire vraie, la danse tonique et réjouissante de Christian Rizzo

10 avril 2014 | PAR Christophe Candoni

Cet été, Christian Rizzo mettait en transe le public du festival d’Avignon avec sa nouvelle création qui revisitait les pas de danses folkloriques des pays méditerranéens (ICI). « D’après une histoire vraie » arrive au théâtre de la ville à Paris sans rien perdre de son charme enjoué, de sa virilité stylée et de sa belle énergie communicative. 

L’apparition furtive d’une bande de danseurs folkloriques à la fin d’un spectacle auquel assistait Rizzo en 2004 à Istanbul, c’est l’histoire vraie à laquelle fait référence le titre de la pièce. Prenant pour point de départ la sensation forte et inattendue éprouvée à ce moment-là, le chorégraphe-plasticien fait se télescoper dix ans plus tard les danses populaires turques et plus généralement du sud avec son esthétique dépouillée et à la blancheur crépusculaire.

Ils sont huit interprètes, que des hommes. Chevelus, barbus, ces hipsters  en jeans et pieds nus reviennent aux sources d’une danse archaïque qu’ils restituent et réinventent à l’occasion de rondes, de tours, d’accolades, de farandoles, en solo, en duo ou en trio, reproduisant les mêmes gestes synchronisés ou chacun trouvant séparément sa liberté propre. Il émane de leurs corps et mouvements une masculinité franche, une souplesse ondoyante et par moment secouée, et surtout, une vitalité soutenue par le rythme entêtant que deux batteurs installés sur une simple estrade offrent par rafales de sons vibrants et tapageurs qui emballent littéralement.

D’après une histoire vraie repose sur la présence charismatique de ses danseurs et de l’émulation du groupe formant une communauté fraternelle et soudée autour d’un mouvement qui prend tout son sens dans sa dimension joyeuse et fédératrice. Une belle dynamique sur le plateau rend palpable à chaque instant la jubilation de danser et d’être ensemble. Parfois les pièces de Christian Rizzo ont semblé trop économes en danse. Ici, c’est l’inverse. Le geste chorégraphique est physique, intense, généreux, tellement vivant et libéré. 

© Marc Domage

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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