Danse

[Avignon] D’après une histoire vraie, le génie de Christian Rizzo réinvente les danses traditionnelles

[Avignon] D’après une histoire vraie, le génie de Christian Rizzo réinvente les danses traditionnelles

10 juillet 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

[rating=5]
Le chorégraphe Christian Rizzo choisit une fois de plus de surprendre en présentant
D’après une histoire vraie, un spectacle à la beauté absolue qui rompt en douceur avec ses codes. 

Christian Rizzo serait-il parti à la recherche de ses origines ? L’Italie, l’Espagne et le Maroc le constitue. Sur scène le plateau est de moins en moins rempli d’objet. On retrouve ses mythiques boules, mais ici, grandes comme des boules de pétanque, une plante verte qui apporte la touche de couleur nécessaire, un fauteuil Knoll, un livre ouvert, un pardessus, et surtout, un podium sur-lequel se dressent deux batteries.

Les danseurs, 8 au total vont entrer progressivement dans une danse imposée par le premier. Comme toujours, les appuis se font sur trois points et les chandelles sont nombreuses. Le mouvement se fait lent, comme en suspension, apportant des ondulations et des flottements qui font dire qu’ici nous sommes dans un autre temps.

Les batteries voraces pourraient fracasser l’espace, mais les deux batteurs au look de hard-rockeurs, Didier Ambact et King Q4 caressent les bêtes pour en sortir un son électro qui aurait rencontré un djembé. Les mouvements vont bientôt emprunter à toutes les danses masculines méditerranéennes.

De ce tourbillon frisant la transe, certains ne ressortent pas indemnes, peu importe, ils n’ont pas le choix, ils devront entrer dans le mouvement, dans un ressenti archaïque dont ils ne sont pas maîtres.

Pour une fois, Rizzo a choisi de travailler avec des danseurs qu’il ne connaissait pas, à part Kerem Gelebek, vu en solo dans Sakinan göze çöp batar. Ils ont tous un physique du sud, certains ont des cheveux longs et des barbes. Les danses folkloriques sont ici transcendées, revisitées, elles deviennent un bijou de contemporanéité appuyé par un travail de lumière dément, apportant une blafardise floue absolument étonnante.

L’ex-styliste manie les corps comme il sait coudre, avec une précision millimétrée. Rien n’est ici laissé au hasard, tout est là, dans le détail et dans le son pour faire surgir le beau, et aller plus loin.

D’après une histoire vraie qui apporte un coup d’œil sur ces traditions de danses très ancrées dans tout le pourtour méditerranéen pour en montrer les enjeux de virilité et de savoir.

C’est un spectacle parfait.

Voir tout les articles de notre dossier Festival d’Avignon ici

D APRES UNE HISTOIRE VRAIE -

Visuels : D’après une histoire vraie – Christian Rizzo – © Christophe Raynault de Lage / Festival d’Avignon

Gymnase du lycée Aubanel
Création 2013
Durée : 1h10

Infos pratiques

Festival en Othe
Urbaka
festival_davignon

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *