[Live report] Bachar Mar-Khalifé, Get Well Soon, Batlhazar & Louise Attaque au Fnac Live

24 juillet 2016 Par Bastien Stisi | 0 commentaires

Jain et Jungle mercredi, A-Wa et Yaël Naïm jeudi, Sage et Fakear vendredi, et Louise Attaque en très grosse tête d’affiche de cette dernière journée de Fnac Live, hier soir, devant un parvis de l’Hôtel de Ville forcément rempli afin de venir communier autour du vent, des sentiments, des gens, et de ces tubes qui, comme on le remarque ici, demeurent encore en tête quelques heures après avoir vu les dernières notes de cette très bonne édition du festival organisé par la Fnac.

Bachar Mar-Khalifé : peace & lemon

Mais avant le retour de Gaëtan Roussel, d’Arnaud Samuel et de Robin Feix, une programmation d’un éclectisme notable. Le franco-libanais Bachar Mar-Khalifé, d’abord, à 18h, dont le Ya Balad humaniste, intimiste et universel avait fait l’année passée tant de bruits (auprès des auditeurs sensibles à l’idée d’orientalisme moderne, du moins), et qui interprétera, dans un schéma comparable à ce qu’il avait pu produire au cours du dernier Prix Deezer-Adami, du très sombre « Kyrie eleison » à son tube « Ya Nas », en passant par « Lemon », moment imparable de son dernier album qu’on l’avait vu illustrer, il y a quelques jours, par un clip qui laissait entrevoir une légèreté que l’on aurait pas forcément anticipé.

Get Well Soon, Balthazar : pop & love

Et puis La Maison Tellier, demeure chaleureuse venue célébrer, ici, et via cette pop folk ample et azimut, ses 10 années d’existence. Et Get Well Soon, aussi, le projet du très élégant Konstantin Gropper (costard noir, chemise blanche à pois noirs, cravate noire), au moins aussi raffinée que cette pop aux instrumentations ambles et aux mélodies impeccables, portée à son apogée sur Love, ce dernier album sorti en début d’année et préoccupé, comme l’indique son nom, par l’étude complexe du sentiment amoureux, et dont les meilleures conclusions auront été proposées hier : « I’ts Love », « It’s A Catalogue », ou « It’s A Fog », ce dernier morceau, peut-être, plus excité (toutes proportions gardées) que ses très jolis prédécesseurs.

Le genre est celui d’un Anglo-Saxon plus que d’un Germanique, et le timbre, lui, rappelle celui de Bryce Dessner (The National), lorsque ce n’est pas celui de Morrissey. Il rappelle aussi un peu, non pas celui de la jeune et joviale anglaise Lianne La Havas qui passera juste après (le R’n’B, la pop et la folk, métissage réussi), mais plutôt celui de Balthazar, venus en voisins du Plat Pays belge afin d’y interpréter les meilleurs instants de Thin Wall, ce 4e album qui élève, toujours, la pop au rang d’élément fédérateur fondamental. Les guitares s’éventent dans le ciel déchargé qui demeure ici, et les violons, ceux de Patricia Vanneste, ajoutent davantage de sensibilité encore à un set qui n’en manquera pas. Ils annoncent, aussi, et puisque c’est quand même la grande attente de la soirée, ceux de Louise Attaque.

Louise Attaque : soirée parisienne

Alors, pour faire patienter le monde (et en guise d’hommage sans doute), on passe sur les écrans géants un live du « Heroes » de Bowie. Ce qui est toujours (très très) agréable. Et on laisse, sereinement mais avec pas mal d’émotions dans le coin, Gaëtan Roussel et cie proposer leur « Invitation » au Fnac Live, non pas par erreur mais bien avec la véritable ambition de présenter, comme le groupe l’indique, « des titres d’avant-hier, d’hier, et un peu quand même aussi d’aujourd’hui ». Alors forcément, les titres de ce dernier album – Anomalie – qui marque leur retour après 11 ans d’absence (pour le groupe du moins, Gaëtan Roussel ayant livré durant ce temps deux albums solo électro-pop) marcheront moins bien que les standards absolus du trio, et ce malgré la qualité et l’orientation, assumée et visible, de ces titres (« Anomalie », « Chaque jour reste le nôtre », « Avec le temps ») revenus vers les problématiques très « rock » des deux premiers albums du groupe. C’était couru d’avance. Car les tubes les plus grands bénéficient, toujours, de l’impact du temps sur les mémoires. C’est la petite folie, ainsi, lorsque résonnent « Les Nuits Parisiennes », « Si l’on marchait jusqu’à demain », « Tu dis rien », « Savoir », et bien sûr « Léa », le portrait de cette fille pas à gauche, pas à droite, pas maladroite, pas jolie mais pas moche non plus et surtout, pas terroriste. Surtout pas.

La très jolie soirée parisienne, que l’on revivra souvent vu le nombre de festival sur lequel le groupe se pointe cet été, est assurée avec une maitrise remarquable par le trio, rejoint sur scène par deux autres musiciens (un peu plus jeunes visiblement), qui soignent leurs enchaînements et donnent, en concluant par l’immense et forcément très attendu « J’t’emmène au vent », l’envie de prendre le vent, de prendre son temps, de s’aimer éternellement, au-dessus des gens ou même, pourquoi pas, avec eux.

Visuels : (c) YBouh


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