The Velvet Underground s’expose à la Philharmonie

24 avril 2016 Par Amel Bouziani | 0 commentaires

L’exposition The Velvet Underground et avec lui la contre-culture des années 60 à New York, est à l’honneur à la Philharmonie de Paris. 

Après l’exposition sur David Bowie, la Philharmonie de Paris lance une exposition intitulé The Velvet Underground : « New York Extravagenza ». Elle a été lancée pour fêter les 50 ans de leur premier album « The Velvet Underground & Nico », écrit par les membres du groupe dont font partie John Cale, Lou Reed et Andy Warhol (producteur).

Rock’n'York : New York l’extravagante 

Une rétrospective de plus de 1200 documents rares nous sont offerts : vidéos, photographies, extraits musicaux et autres objets qui nous permettent de connaître davantage sur la formation de ce groupe mythique des années 60. Si l’exposition est sous-titrée  « New York Extravaganza » c’est qu’il y a une raison. Cette ville est le théâtre du Velvet. Elle les a élevés, les a vus grandir et les a influencés dans leur style, leur mode de vie et leur musique. Le groupe a baigné dans l’art du New York dans les années 1960 et de sa contre-culture née en pleine guerre du Viêt Nam. Lorsqu’on rentre pour visiter nous y découvrons un mur avec une mosaïque de vidéos retraçant les grands moments de l’après-guerre avec un texte d’Allen Ginsberg pour nous introduire dans le monde de la « Beat Generation ». Puis, des Phare-totems s’érigent devant nous avec les différentes figures du Velvet et de leur entourage : le réalisateur Jonas Mekas, le musicien d’avant-garde La Monte Young.

La noirceur du Velvet sous les projecteurs : 

Deux deux génies nous sont introduits, ceux qui vont faire trembler tout l’univers musical : Lou Reed et John Cale. Tout leur oppose. L’un est américain, a souffert d’une difficile adolescence, plongée dans la drogue et l’alcool comme nous le raconte sa soeur dans une vidéo, pour la toute première fois. Il s’exclue de la société, de sa famille, meurtri par sa maladie mentale. Son seul refuge : la musique. Il devient un brillant guitariste de Long Island, adorateur de blues et de folk. Il écrit de beaux textes, compose de bonne chansons mais sa personnalité fragile le mutile.  L’autre, un anglais, plus ouvert et sûr de lui. Un excellent musicien classique venu du pays de Galles, dont il a fait du violon son instrument de prédilection et l’avant-garde son style chéri.  En 1965, les deux hommes ont 22 ans lorsqu’ils se rencontrent. Deux mondes s’entrechoquent et le groupe mythique se forme. Le nom est un pur hasard, une revue du nom d’un ouvrage traitant de sado-masochisme, mais significatif de l’époque : sex, drugs and Rock’n'Roll. Cependant, le velvet est éphémère, John Cale quitte le groupe au bout de trois ans mais le mythe du velvet est apparu à la mort du groupe. David Bowie fut l’un des premiers à propulser le groupe lorsqu’il chantait dès 1967 « I’m Waiting for the Man ». Puis, d’autres groupes suivent la mouvance : d’Iggy Pop à Nick Cave, de Japan à U2, d’Etienne Daho jusqu’au Nirvana ! Une série d’artistes ont repris plus d’une fois leur répertoire, dont les plus connues sont « Sunday Morning », « All Tomorrow’s Parties », « Sweet Jane » et « Rock’n'roll ».

Musique : Sunday Morning du Velvet Underground

Nico, Femme Fatale

Le groupe est formé de Lou Reed (chanteur, guitariste, compositeur-interprète), John Cale(compositeur-interprète, multi-instrumentiste), Sterling Morrison(guitariste, bassiste et seconde voix), Maureen Tucker (batterie) et Nico (chanteuse). Cette dernière, c’est la femme qui est « venue par hasard et elle est repartie comme elle venue, par hasard ».  La mannequin et comédienne allemande au micro charme le public. Nico est La touche sexy et féminine que Andy Warhol impose au duo Reed-Cale dont il le trouve peu convainquant. Sur les photos du Velvet posant en noir, tout comme Warhol, Nico, elle, est vêtue souvent de blanc. Elle est la seule à ne pas dissimuler son regard derrière des lunettes noires. De sa chevelure blonde, Nico incarne la lumière, et sort le groupe de l’ombre, de l’underground. Au passage, je vous invite à lire cette interview de Serge Féray au sujet de Nico.

Live – Nico chantant Femme Fatale avec Le Velvet

Andy Warhol, plasticien du groupe

Le créateur du Pop Art a donné l’image mythique du groupe. Le génial créateur a pris le risque de miser sur ce groupe en ayant vu tout leur potentiel. Après les avoir vus jouer dans un club, Andy Warhol les invite à répéter dans son bouillonnant atelier d’artistes, la Factory. Dans un spectacle mêlant projections de films, danses et lumières, les Velvet s’affirme enfin ! Puis, Andy enregistre sans contrat leur premier album, le fameux album à la banane : « The Velvet Underground and Nico ».  Mais, après un échec commercial du disque, Lou Reed préfère écarter Warhol. L’esthétique du Velvet-Warhol se retrouve dans l’exposition : on apprécie le toit en bois où on peut s’allonger en dessous pour regarder les vidéos archives du groupe.

The Velvet Underground : « New York Extravagenza » est une riche exposition qui retrace la vie bien courte d’un groupe mythique. Il ne faut négliger leur influence musicale qui s’est étendue sur plusieurs générations. Alors rendez-vous à la Philharmonie, c’est à voir jusqu’au 21 août 2016 !

visuel : the velvet underground, nico and warhol – ChaosReign.fr


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