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Antonio Grimaldi nous laissa bouche-bée au cours de la Haute Couture Online

Antonio Grimaldi nous laissa bouche-bée au cours de la Haute Couture Online

01 août 2020 | PAR Cloe Assire

S’il y a bien une présentation qui ne laissa personne indifférent au cours de la Haute Couture Online, c’est indéniablement celle d’Asia Argento pour la collection automne-hiver 2020/2021 d’Antonio Grimaldi. Fasciné par le mythe d’Electre, le couturier italien a en effet décidé de se concentrer sur la relation mère-fille avec des vêtements tout en contrastes et rivalités pour un résultat poignant.

Intitulée « AElektra », la ligne proposée pour la saison prochaine par Antonio Grimaldi renvoie à la mythologie grecque relatant que la mère d’Electre – ou son amant – tua Agamemnon après la guerre de Troie. Emplie de vengeance contre ceux qui lui ont arraché son père tant aimé, Elektra ne put s’empêcher de passer à l’action pour mettre fin à la vie de sa mère. Le lundi 6 juillet à 18h, ce mythe fut remis de façon théâtrale sur le devant de la scène contemporaine par le biais d’un court-métrage réalisé par Asia Argento – jouant le rôle de la mère – avec pour protagoniste Anne-Lou Castoldi, sa propre fille. Celle que l’on surnomme la sombre dame du cinéma italien – aimée et reconnue pour ses rôles peu conventionnels, star de films d’art et d’essai et lauréate de nombreux prix internationaux – avait déjà parcouru les podiums pour Antonio en janvier 2019. Sa fille de 19 ans a aussi plusieurs expériences cinématographiques derrière elle.

Antonio Grimaldi déclare au sujet de cette collaboration : « Je suis enthousiaste du rapport professionnel établi avec Asia, une femme aux passions profondes, source d’inspiration et protagoniste incontestable du cinéma italien et international. Dès que j’ai reçu l’invitation à participer avec une vidéo à la semaine de la haute couture à Paris, j’ai tout de suite pensé à elle : la seule qui puisse le mieux raconter, par son caractère anticonformiste et son élégante âme sombre et rock, l’esprit de ma nouvelle collection et, avec la présence d’Anna-Lou, une fraîcheur désenchantée ». La réalisatrice poursuit ainsi : « Quand Antonio m’a parlé de la collection, j’ai tout de suite imaginé de recréer le mythe d’Electre. Ses robes sculptées, d’un grand impact visuel, m’ont inspiré un retour à la culture classique et à l’exaltation de la beauté absolue. Cette fois encore, après le défilé de Paris en 2019, une collaboration empathique est née d’une capacité créative profonde et mutuelle, donnée par une liberté d’expression grise, par des vêtements cinématographiques et des lieux romains très inspirants. Une occasion unique qui m’a également permis d’approfondir ma relation avec Anna-Lou, avec un effet très cathartique. »

La première partie de la présentation de la collection est très angoissante et nous montre ni plus ni moins qu’un matricide, nous plongeant dans une enquête psychologique approfondie, captivant la rédaction qui ne put détacher son regard de son écran. Clytemnestre est vêtue de noir, Electre de blanc : lumière et obscurité s’affrontent au sein d’une luxueuse chambre de l’Hôtel Locarno où le rouge domine, le rouge de la violence à venir. Asia Argento arbore une élégante robe agrémentée de plumes découpées au laser lui conférant ainsi une grâce animale venant renforcer son air aussi hautain que dédaigneux. Anne-Lou Castolidi revêt la même tenue, mais en blanche. Toutes deux arborent des chignons serrés. Mère et fille sont différentes, diamétralement opposées, mais se reflètent ainsi l’une l’autre. Librement inspiré de la trilogie théâtrale du dramaturge américain Eugene O’Neill « Mourning Becomes Electra », ainsi que des textes grecs de Sophocle et Euripide, le film raconte la représentation du bien et du mal, des opposés qui s’aiment et se repoussent, puis se retrouvent…dans la deuxième partie du court-métrage.

Au-delà des contraintes physiques et psychiques, la mère et la fille sont réunies dans une autre dimension d’harmonie et de paix dans un cadre splendide, celui du Musée national étrusque dans les jardins de la Villa Giulia à Rome. Nous voilà plongés dans une dimension aussi lumineuse que cathartique avec des robes aux mille nuances de roses : rose pastel, magenta, pâle, clair, foncé. Tout un camaïeu pour nous séduire ! La ligne des vêtements est quant à elle sculpturale, comme on avait déjà pu le noter au cours d’un précédent article. Ces mêmes lignes sculpturales, asymétriques et en mouvement, sont interrompues par d’importantes ouvertures. L’effet trompe l’œil est de retour avec des vêtements qui trompent le regard par un jeu de coupes, de volumes et de superpositions alternant entre des tissus lourds comme la duchesse et plus légers comme l’organza et la mousseline de soie. Pour compléter les looks, des bijoux furent créés par l’artisan romain Marco De Luca : bracelets et bagues symbolisent une force créatrice et bienfaisante par l’intermédiaire de têtes de dragon. Preuve que la collection d’Antonio Grimaldi a été pensée dans les moindres détails, attirant de plus en plus notre attention sur son travail remarquable.

Crédits : Luigi Urbani

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