Mode
40 ans de mode avec Chantal Thomass

40 ans de mode avec Chantal Thomass

12 avril 2021 | PAR Laura Rousseau

En avril et en mai prochain se tiendra, une vente aux enchères aux airs de rétrospective, consacrée au style audacieux et impertinent de Chantal Thomass organisée par la maison de vente Millon.

Chantal Thomass à Drouot dans le neuvième arrondissement de Paris présentera avec la Maison Millon « 40 ans de mode », une vente aux enchères concernant 274 pièces uniques de prêt-à-porter, de lingerie, de défilé, et d’accessoires. Une vente en ligne est organisée du 19 avril au 8 mai, avec 335 pièces. Pour se mettre en bouche, une exposition se tient du 12 avril dans les vitrines de la Joyce Gallery Paris jusqu’au 2 mai.

La particularité « Thomass »

La vente rend hommage à l’ensemble de l’œuvre de la créatrice, chapeaux et souliers ne sont pas mis de côté. Elle a été organisée en partenariat avec Didier Ludot, passionné par la haute couture du XXème siècle, propriétaire d’une boutique de vêtements luxe « vintage » sous les arcades du Palais Royal suite à l’exposition Personnal Dressing consacré à Chantal Thomass. Les pièces ont piqué la curiosité de cet expert et l’idée d’une vente aux enchères a rapidement été suggéré selon la créatrice dans son l’interview pour France TV info.

Les passionnés de mode pourront apprécier à la vente, le chapeau « soutien-gorge » en ruban de crin, la robe « trompe-l’œil corset en tulle lycra noir et à la ceinture « faux cul » en organza et cuir, le sac « revolver » à tapisserie petit point rouge et cuir marron issu de la collection automne-hiver 1993, ou encore la fameuse robe « doudoune » matelassée ivoire, à double boutonnage et longue traîne issue d’une collaboration avec Moncler pour l’automne-hiver 1992. Autant de pièces originales, séduisantes et extravagantes, pour lesquelles les estimations débutent à 100 euros pour les pièces les moins chères, et jusqu’à 600 euros pour les plus chères.

Une créatrice d’exception

Cette vente à l’enchère dépasse son but premier et permet la rétrospective d’une artiste d’exception en retraçant son œuvre, de ses travaux sur la lingerie, au prêt-à-porter. Chantal Thomass, fait ses débuts dans la mode chez Dorothée Bis, lance la marque Ter et Bantine à la fin des années 1960 et habille Brigitte Bardot et Michèle Mercier. Elle fut avec Kenzo, Sonia Rykiel, Claude Montana, Anne Marie Beretta, et Thierry Mugler, une illustre figure de la mode dès les années 1970.  

C’est en 1975 qu’elle crée sa société à laquelle elle prête son nom et l’année suivante qu’elle organise son premier défilé. Elle contribue amplement à réinventer le prêt à porter en introduisant la lingerie et la dentelle dans ses collections. Elle fut d’ailleurs la première à faire défiler les dessous féminins sur les podiums. La créatrice met de côté les tissus et coupes fonctionnelles, et y préfère l’extravagance élégance et la liberté du vêtement. En s’appropriant les étoffes masculines, elle réinvente le corset, le soutien-gorge, le porte-jarretelles et les bas, avec de la soie, de la dentelle, et et des nœuds. Elle inter-change dessus et dessous et, à sa façon, redessine les contours de la féminité des années 1970 aux années 1990.

Nouveau genre

Chantal Thomass est une des instigatrices du masculin féminin, utilisant des tissus réservés aux hommes, pour des créations féminines. En avance sur son temps, elle défend le pouvoir de la mode, comme moyen pour les femmes de s’affirmer, de se sentir belles, confiantes, fortes et séduisantes avant tout pour elles-mêmes, et surtout pas pour les hommes. Le corset qui fait son grand retour en 2020 dans la mode féminine en est la parfaite démonstration. Autrefois, instrument de torture destiné à modeler le buste, et affiner la silhouette à la taille, le corset d’aujourd’hui s’est métamorphosé : il est devenu un vêtement ou accessoire androgyne, confortable, et symbolique. Visionnaire, Chantal Thomass avait déjà participé à ce retour d’un nouveau corset en le détournant de son utilité originale. Conçus avec des matériaux plus élastiques et confortables, le corset, mi plastron mi body, permettent aux femmes de rester libre de leur mouvement, de revendiquer leur féminité, leur sensualité et leur force. La mode, qu’elle soit haute couture, luxueuse ou de prêt-à-porter, permet d’une certaine manière l’affirmation de soi, et c’est sans doute que c’est le cas pour les pièces confectionnées par Chantal Thomass.

Visuel : Affiche de la vente aux enchères « 40 ans de mode »

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