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La Turquie réclame des oeuvres exposées au département des Arts de l’Islam du Louvre

La Turquie réclame des oeuvres exposées au département des Arts de l’Islam du Louvre

23 novembre 2012 | PAR Bastien Stisi

Le journal turc Radikal a allumé une brèche qui n’est peut-être pas prête de s’éteindre entre la Turquie et la France. Par le biais de la publication d’un article intitulé « Elles sont toutes à nous » (« Hepsi bizim« ), le quotidien, soutenu par Ankara, accuse le musée du Louvre d’exposer dans son tout nouveau département des Arts de l’Islam, des oeuvres « volées » par la France à la Turquie.

Après avoir prêté, le temps d’une année, La Liberté guidant le Peuple d’Eugène Delacroix au Louvre-Lens, le musée le plus visité au monde pourrait être contraint de céder dans les prochains jours quelques autres précieux joyaux de sa collection. Selon Radikal, journal d’aspiration socialiste, les trois panneaux de faïences d’Iznik, exposés depuis quelques semaines dans le département des Arts de l’Islam, proviendraient originellement de la mosquée Piyale Pasha, construction de l’architecte ottoman Sinan et située dans le quartier stambouliote de Kasimpasa. Sur ladite mosquée trônaient jadis huit panneaux, empruntés à long terme par quelques pilleurs mal intentionnés. Cinq ont été retrouvés jusqu’alors. Armée d’une calculatrice et du savoir de quelques éminents historiens de l’art, la Turquie a estimé que les faïences en question exposées au Louvre étaient les trois chaînons manquants de la mosquée.

Selon le gouvernement turc, d’autres pièces auraient été dérobées dans le passé par la France. Il s’agit des faïences originaires des tombeaux des sultans Selim II, Murat III et de la bibliothèque de Mahmut I. En 1880, le français  Albert Sorlin Dorigny, chargé de restaurer les pièces, aurait pris la décision de les offrir au musée du Louvre plutôt que de les rendre à leur pays d’origine. Une fraude scandaleuse et un manquement à l’éthique que la Turquie aura mis presque 150 ans à contester…

Le Louvre, toutefois, assure la légitimité totale de sa collection, et que les acquisitions des pièces qui font l’objet du litige se sont effectuées «dans des conditions parfaitement légales au regard des règles applicables à cette époque dans les collections publiques françaises», dans des propos relayés par Le Point.

La démarche de la Turquie et de son ministre de la culture Ertugrul Günay, n’est guère étonnante. Depuis quelques années, une large campagne de rapatriement des pièces ottomanes a été lancée par le pays, qui sollicite les musées du monde entier afin de les récupérer. Une procédure, de fait, a été envoyée par le gouvernement turc à la France afin de se réapproprier les oeuvres. Une information démentie par le musée du Louvre, qui assure n’avoir reçu aucune demande de ce genre. Une affaire à suivre, bien évidemment…

Visuel (c) : Amelie Blaustein-Niddam

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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