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Après Juif ou pas Juif, l’application version Gay voit le jour

Après Juif ou pas Juif, l’application version Gay voit le jour

23 septembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cette fois-ci la faute ne revient pas à Apple mais à Google. Chacun son tour. Suite au scandale de fichage des Juifs par l’application Juif ou pas Juif aujourd’hui retirée de la vente, les pires craintes avaient vues le jour. Elles étaient justifiées car une appli 100 % homophobe vient de naître sur l’Android Market.

Développée par la « geek agency »  « .emmenemoi« , le but de « Mon fils est-il gay?  » est de « savoir si tout est bien en ordre avec votre fils. ». Alors, medames, puisque la question ne s’adresse pas aux pères, comment reconnaître un gay ?  A des époques pas si reculées, des petits triangles roses portés dans de charmants endroits pouvaient nous guider. Malheureusment, ce temps est révolu. Mais grace à « Mon fils est-il gay », nous avons la réponse.

Au regard des questions, par exemple …

« -Avant sa naissance, souhaitiez-vous que cet enfant soit une fille ?

-S’est-il déjà battu ou a-t-il participé à une bagarre ?

-Lit-il des journaux sportifs ?

-A-t-il une meilleure amie ?

-Aime-t-il les sports d’équipe

-Est-il fan des chanteuses divas (Dalida, Mylène Farmer…) ? »

… nous apprenons donc que « le gay » est donc non violent, féminin. Il n’aime pas le sport et adore les chanteuses.

Une fois les 20 champs remplis, vous pourrez être ou non rassurés : « « Vous n’avez pas de soucis à vous faire, votre fils n’est pas gay. Il y a donc de grandes chances pour que vous soyez grand-mère avec toutes les joies que cela procure » .  Encore un poncif supplémentaire, être gay rendrait stérile, cela fera sourire l’Association des Parents Gays et Lesbiens.

Contacté par Rue89, Stéphane Corbin, porte-parole de la Fédération LGBT peste, « c’est d’un ridicule consommé ». Il commente :

« Quand on voit les poncifs et les préjugés véhiculés, il y a de quoi tomber à la renverse ! Ce qui est dramatique, c’est qu’ils sont justement sur le terrain de l’homophobie en faisant par exemple réference à l’apparence… La question du genre est bien plus complexe. »

Reste que les enfants dont les mères se posent de telles questions, gay ou pas sont condamnés à souffrir. Bon courage !

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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