Musique
Festival d’Ile-de-France : Goran Bregovic emporte généreusement son public au Cirque d’hiver (23/09/11)

Festival d’Ile-de-France : Goran Bregovic emporte généreusement son public au Cirque d’hiver (23/09/11)

24 septembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Le compositeur serbe est tout le week-end sur la scène du Cirque d’Hiver avec son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Pour la première, vendredi 23 septembre, Goran Bregovic a orchestré un concert aux influences mêlées où la danse et le sacré s’entrelaçaient. Avec beaucoup de générosité, ses 18 musiciens et chanteurs ont joué pendant 3 heures pour un public ravi. Avec hier en guest, Stephane Eicher.

Costume blanc lamé, chaussures bleues Klein quasiment assorties à la guitare, Goran Bregovic a fait son entrée pointilleusement à l’heure sur la scène du Cirque d’hiver. Il commence seul à la guitare, un petit air mélancolique qui laisse filer quelques notes de sa voix grave de rockeur. Ovation. Dans ses boxes, la foule piétine déjà lorsqu’elle acclame l’arrivée des nombreux musiciens en se demandant déjà comment il va être possible de danser assis. Mais tous parviennent heureusement à lever les bras sur le premier air balkanique et entraînant que portent les voix crues et originelles des deux chanteuses de l’Orchestre des Mariages et des Enterrements. Puis Bregovic dit quelques mots, en parfait français, et ce seront les seuls : il vient de sortir un album « Alkohol »(2009) et compte, à son habitude, mêler les genres : des « morceaux plus vieux qu’il a faits pour le cinéma » et certains de ses nouvelles compositions. Contre tout attente, il ne commence pas avec la fougue de ses BO pour « Le temps des Tsiganes » d’Emir Kusturica mais par les lamentations sacrées qu’il a composées pour le film de Patrice Chéreau : « La reine Margot ». Chantés notamment par un superbe chœur classique d’hommes, des extraits de cette partition viennent rythmer tout le concert et calmer, à temps, la fête par des plages de musique réflexive et parfaitement maîtrisée. Dans la première partie du concert, Bregovic reste un peu en retrait de son batteur et chanteur, et joue plus le rôle d’un chef d’orchestre et d’un chef de chœur. Dans la deuxième partie, l’attitude rock’n roll reprend le dessus et il envoie une musique métissée, saccadée, énergique et très attendue par ses fans. Après une douce reprise d’une chanson composée par Goran Bregovic pour Cesaria Evora, » Ausencia », les 2/3 du parcours sont encore épicées par l’entrée en scène de l’invité spécial du jour, Stephane Eicher. Il participe en bon camarade à un morceau énergique, fait une étrange incursion dans son propre répertoire avec « Déjeuner en paix » qui tranche un peu dans l’univers de Bregovic, puis il décide de mêler musique tzigane et langue suisse-allemande. Contre toute attente, avec le soutien de Goran Bregovic et de son orchestre, le dialecte de Münchenbuchsee ajoute une note parfaite au panel incroyable de langues que l’ion a déjà entendues dans la soirée. Après le départ d’Eicher, les bis et les « encore » endiablés s’enchainent. Premier salut après le très attendu « In the death car », extrait d’Arizona Dream. Et final sur l’ironique et festif « Kalashnikov ». Après un peu plus de trois heures de concert, si riche en sonorités diverses, et une troisième « standing ovation » pour Bregovic, le public sort plein de chaleur et de gratitude du cirque d’Hiver.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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