Théâtre
Raoul collectif tisse le fil du Signal duPromeneur

Raoul collectif tisse le fil du Signal duPromeneur

06 décembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les vainqueurs du défunt Prix décerné par le théâtre de l’Odéon, mandat Py, « Impatience » sont le Raoul Collectif. Ils sifflent leur Signal du Promeneur pour quelques jours encore au Théâtre de la Bastille. Une balade en forêt guidée par un seul fil, celui de l’existence. Inégal.

Il y a au moins deux sortes de théâtre Belge : les flamands performatifs et esthétisants qu’on adore, nommons Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, Guy Cassiers… Et les foutraques créations d’ href= »http://toutelaculture.com/2012/09/ivanov-remix-la-vodka-coule-a-flot-aux-francophonies-en-limousin/ »target= »_blank »>Amel Roussel et du charismatique TG STAN. C’est surtout dans ce dernier qu’il faut chercher l’inspiration. Pour être juste, le fil conducteur, puisque tout est ici histoires de fils à tirer.

Dans un espace noir, un comédien arrive, pose une pierre au sol, bientôt, quatre autres surgiront en passant par les coulisses ou les coursives. Chacun est doté d’une lampe de mineur accrochée à son front. Ils se rassemblent et se mettent à fredonner le troisième mouvement de la première symphonie de Beethoven. C’est là le signal, il est musical. Ce qui rassemble
ces promeneurs entre eux c’est une histoire sordide de meurtre. 1973, un étudiant en médecine décide d’arrêter net ses
études. Il mentira ensuite à tout le monde, se faisant passer pour un grand docteur, extorquant de l’argent à tout va. 1993,
il a tué sa famille, même son chien, et nous assistons à un procès délirant. Ce lien il est symbolisé par l’image d’une
chenille devenant papillon. Ce lien, on le découvrira petit à petit tout au long du spectacle.

Ce qui est raconté ici, uniquement par touches et avec beaucoup de cynisme c’est la volonté de tracer sa route en étant conscient que cela finira mal. Les hommes meurent, la planète aussi. Leur théâtre réjouissant s’inspire de la facétie. C’est en essayant d’amener de la folie que les cinq gars, en pause dans une sombre clairière, cherchent à provoquer chez nous des réflexions sur le sens de la vie.

Le souci principal du Signal du promeneur est de ne pas avoir les moyens de sa politique. Plus un spectacle cherche le délire plus il doit être impeccablement structuré pour y arriver. Ici,dans cette improbable forêt dont la terre tombe du ciel,on prend les tangentes, bonne chose, mais par moment, le collectif oublie de nous remettre sur le droit chemin. C’est quand ils le font que cela est juste. Comme par exemple cette fuite au désert d’un ermite, flambeau à la main, cette bataille en magma d’hommes venant dire que la guerre est toujours présente en nous, ou encore cette fanfare de rue où les costumes sinoques ( mention spéciale pour le chapeau à bougie de David Murgia).

Dans ce spectacle fourre-tout, on se marre souvent, il y a des éclats de talent. Le collectif souffre de son essence même : la choralité.
Les comédiens dépensent trop d’énergie, ont souvent un cri déplacé pour un résultat qui rate le coche de l’émotion pour ne donner la sensation que d’être un show adolescent où tout pète à la fin. C’est joyeux, c’est bordélique, ça frise la performance mais sans l’atteindre vraiment.

Reste que ce premier spectacle n’est pas le témoin de la force de travail que lui ont consacré les comédiens, marchant des heures dans la forêts du Jura. Le Signal du promeneur apparaît comme une oeuvre prometteuse mais pour le moment irrégulière.

Visuel (c) Cissi
Olsson

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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