Théâtre

Pierre Notte raconte L’histoire d’une femme et d’une horde de beaufs au Rond Point

Pierre Notte raconte L’histoire d’une femme et d’une horde de beaufs au Rond Point

08 novembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A domicile, l’auteur de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, C’est noël tant pis ou encore de Sortir de sa mère tisse une pièce sur mesure pour Muriel Gaudin.

Avant l’ère #metoo, en 2017, l’artiste associé du Théâtre du Rond Point écrit ce texte à charge contre les attitudes phallocrates. C’est l’histoire d’une fille qui croise bien trop souvent des connards. Ceux qui mettent des mains aux fesses, ceux qui pensent que l’hystérique est forcément une femme, ceux qui paient moins …

Chez Notte, la recette est toujours la même mais le spectacle toujours différent. Chez Notte, les stars vivent en province et bossent chez Monop’, les mères sont trop : absentes ou présentes. Et ses personnages sont toujours, mais alors toujours, à fleur de peau. Chez Notte, on est jamais loin de Demy, on chante toujours, parfois beaucoup, parfois un peu et dans L’Histoire d’une femme, c’est lui, qui sans trop en faire, ni trop en montrer viendra armé de Jean-Luc Lahaye ( il faut au moins ça) pour calmer la colère de cette femme qui craque. Elle craque de comprendre que personne ne se comprend.

« Tout ce que tu ne dis pas ça veut bien dire quelque chose »

Muriel Gaudin est magnifiquement dirigée ici, au cinéma, on appellerait ça un gros plan. Le visage rien que le visage. Les cheveux sont tirés, mouillés de temps en temps pour qu’aucune mèche ne s’échappe. Elle est pieds nus, dans une tenue qui efface le corps, pantalon noir et haut souple. Les lèvres sont rouges et les yeux noirs. Tout est fait pour qu’on la regarde droit dans les yeux et qu’enfin on l’écoute, elle, elle qui a tant de fois dit aux hommes qui ne voulaient pas la laisser partir, « je m’en vais ».

Chez Notte, il y a aussi une attention très forte portée à l’inconscient. Dans L’histoire d’une femme, les racines des traumas sont soulignés avec élégance. Il est drôle, si on ose le mot, d’entendre ce texte deux ans après sa création. Les temps ont changé et les femmes parlent, et les murs parlent aussi. La pièce à son point de départ était une réaction à une scène de harcèlement dont Notte avait été témoin, elle se trouve incrustée dans l’ère du temps. 

A voir au Rond-Point jusqu’au 1er décembre.

Visuel : Victor Tonelli

 

 

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