Théâtre
Pierre Notte fait souffler un air d’Avignon à l’Institut suédois

Pierre Notte fait souffler un air d’Avignon à l’Institut suédois

27 août 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 6 septembre, la Ville de Paris et le Théâtre de la Ville, en association avec Pierre Beffeyte, président du OFF d’Avignon, la SACEM et la SACD, programment 8 spectacles de théâtre et de musique, gratuits et en plein air. Hier, c’était après-midi de première pour L’Homme qui dormait sous mon lit, une création du roi du quotidien : Pierre Notte.

Une file d’attente le long d’un mur près d’une cour classée. Non, nous ne sommes pas au Musée Calvet, haut lieu des lectures du Festival d’Avignon mais bien rue Elzevir, à Paris, au cœur du Marais. Il s’agit d’un magnifique jardin appartenant à l’Institut Suédois. 50 sièges font face à une scène posée le long d’un mur, encerclée de deux beaux arbres.

Ils entrent à pas hésitants, comme s’ils marchaient sur des œufs. Muriel Gaudin, Silvie Laguna et Clyde Yeguete sont comme des funambules, près à tomber. Ils sont, et Notte insiste là dessus, sur le fil du « rasoir ».

Silvie Laguna joue la comédienne qui joue une médiatrice, et rien que cela, c’est drôle. Mais drôle triste, car on est chez Pierre Notte, l’homme qui adore explorer les vies des vendeuses d’un Monoprix d’une zone commerciale. Et encore une fois, l’auteur de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, C’est noël tant pis ou encore de Sortir de sa mère ne lâche ni la question sociale ni l’analyse des mères insatisfaisantes (par nature vous dirait Lacan).

Alors, voilà. Muriel Gaudin à qui Notte avait offert L’histoire d’une femme, en 2017, est encore une fois célibataire. Pour des raisons un peu obscures, mais officiellement parce que c’est rémunérateur, elle loge un migrant sous son lit. Mais attention, la prime augmente si le dit migrant se suicide, sans y être poussé…

« C’est une comédie ? Ce n’est pas une comédie ! »

C’est glauque et délicieux en même temps. Les trois comédiens tous habillés avec du rouge et du noir campent le pire et le meilleur des hommes. Notte joue la chanson du huis clos avec justesse, à deux ou à trois dans un tout petit espace avec une seule chaise et de la chicorée dégueulasse. Il y a de quoi s’entre-tuer, ou au choix apprendre à vivre ensemble.

Si L’Homme qui dormait sous mon lit n’est pas une comédie, ce n’est pas non plus une tragédie. Chez Notte, la recette est toujours la même mais le spectacle toujours différent, et ses personnages sont toujours, mais alors toujours, à fleur de peau. Chez Notte, on est jamais loin de Demy et même si ici la musique mettra du temps à venir, mais quand elle viendra, elle donnera de l’espoir en pagaille.

La direction d’acteur est impeccable avec un travail sur le corps qu’on ne lui connaissait pas. L’idée est belle de les faire marcher de façon absurde, de leur insuffler dans leurs corps la folie de cette pièce qui a tout d’un Ionesco.

Informations pratiques

Jardin de l’Institut suédois

10 rue Elzévir – 75003

du 26 au 30 août – 1 séance à 15H et une séance à 17H30

Auditorium du Square Saint Lambert

Square Saint Lambert – 75015

du 2 au 6 septembre – 1 séance à 16h et une séance à 19h

Entrée libre et sans réservation dans la limite des places disponibles, venez en avance !

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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