Théâtre

Le donneur de bain barbotte dans la médiocrité

21 mai 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’affiche fait rêver, Charles Berling, Barbara Schultz, Bruno Wolkowitch, Alain Pralon, Dimitri Rataud, Marie Denarnaud et Geoffrey Carey se prêtent au jeu de servir « Le donneur de bain » la première pièce de Dorine Hollier, mise en scène par le talentueux Jan Jemmet . Et pourtant, le spectacle laisse un gout amer, celui de la déception tintée de tristesse.

L’histoire est une introspection dans la vie de Pierre Marie Magdeaine, donneur de bain de son métier, ou plutôt ex donneur de bain. Nous sommes à Paris, en 1878, en pleine révolution industrielle. Les appartements ne sont pas encore munis de salle de bains, les pauvres se nettoient à l’aide d’une bassine, tandis que les riches font venir le donneur de bain, la baignoire devenant le divan du psychanalyste ou le confessionnal du prêtre.

A la cave, Bruno Wolkowitch joue un ingénieur fou ultra grimé tel un Quasimodo. A l’étage , la prostituée Celeste incarnée (Barbara Shcultz) et Misty ( Marie Denarnaud) sa sœur devenue sa servante recoivent les messieurs. Dans l’escalier montent les autres hommes de l’immeuble, les clients de Celeste, jusqu’au jour où elle apprend une nouvelle bousculant la mixité sociale de cet immeuble.

La première partie du spectacle se déroule dans une totale incompréhension liée à la prétention du texte écrit façon XIXe. On ne voit pas du tout où l’auteur veut nous emmener et l’on attend de découvrir le nœud de l’histoire dans la plus grande impatience. Une fois l’enjeu dévoilé, la pièce glisse dans l’ennui. On ne rentre jamais dans le rôle de ces comédiens pourtant formidables. Leur jeu souffre de moments forcés lors de courses inutiles visant à agiter un texte trop plat par des hurlements en guise d’émotion.

Jan Jemmet tente de sauver le texte par une scénographie monumentale. Devant nous un plateau tournant dont la pièce principale monte et descend. Malheureusement la prouesse technique ne permet pas de sauver le choix du décor bien trop lourd.

Le message est clair, il s’agit de montrer par la figure du donneur de bain qu’il est l’ascenseur social de ces immeubles sans baignoire

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]