Théâtre

« La Conférence de choses », mise en bouche légère au Printemps des Comédiens

« La Conférence de choses », mise en bouche légère au Printemps des Comédiens

01 juin 2019 | PAR Philippine Renon

Cinquante-trois minutes et trente-trois secondes, c’est le temps imparti à la représentation, par un minuteur que règle, sous nos yeux, le comédien Pierre Mifsud. Le spectacle prend la forme d’une joyeuse digression qui semble n’avoir qu’une seule règle : raconter des histoires. Dans les plus simples atours offerts par le théâtre, le metteur en scène, François Gremaud campe son personnage principal sur une scène dénudée, face au public du Printemps des Comédiens.

Ce drôle de conférencier arrive le dernier, un sac à dos sur l’épaule. Si l’on n’avait pas vu son micro, on aurait pu le prendre pour un spectateur en retard. Et alors il s’installe devant une table de bois, chevauchée d’un verre d’eau, qu’il ne touchera pas. Malgré une présentation qui laisse dubitatif, on se laisse attraper par un comédien espiègle, qui explique simplement en quoi consistera son geste pendant tout le festival. 

Cinq fois une heure à peine, pour déblatérer de tout, et parfois même de rien, ainsi courra la Conférence de choses jusqu’au samedi 8 juin. Pierre Mifsud dispense une leçon de culture générale à l’assemblée amusée, qui ne rechigne jamais à participer quand elle y est invitée. Une pelote d’informations se déroule, au rythme des « Oui, tout à fait ! » , « On avance … », quand une réponse est la bonne, ou bien des « on n’est pas loin » alors même que la solution est complètement erronée. 

La suite au prochain épisode

Malgré la bonne humeur que ce moment instaure dans le Théâtre d’O, on déchante petit à petit. La mécanique du dialogue, entre la scène et le public, se regarde trop le nombril, et peine à convaincre sur le fond. Anecdotiques pour la plupart, les savoirs balancés çà et là divertissent, tout au plus. On commence par Paul Puaux, successeur de Jean Vilar à la direction du festival d’Avignon, en passant par les indiens pendant la conquête de l’Ouest, pour finir avec les loups, les contes pour enfants avant d’atterrir sans prévenir sur Antonio Vivaldi. 

Pas de frustration, donc, lorsque la sonnerie retenti. Pourtant l’intérêt suscité par le pitch de la suite, devrait donner envie de revenir le lendemain. Ni tout à fait réussi, ni tout à fait raté, l’ensemble de ces Conférences de choses est une occasion de rire de nos références culturelles, très franco-françaises. Peut-être le spectacle va-t-il progressivement se révéler, au fil des épisodes, d’une  ambition plus critique.

Les rires, très souvent du registre de l’autodérision, laissent espérer une verve un peu plus satirique. Quoi que très sympathique, ce conférencier, dans le fond, est un sacré « Monsieur Je-sais-tout », parfois à la limite de la condescendance. Mais la recette du spectacle est de pouvoir passer l’éponge sur ce qui vient d’être dit, aussi vite que le sujet est arrivé sur la table ! La suite au prochain épisode… 

Visuels : © Lucas Sientenfus

 

 
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Philippine Renon

One thought on “« La Conférence de choses », mise en bouche légère au Printemps des Comédiens”

Commentaire(s)

  • Gérard Gremaud

    Très étonnant, première critique vraiment tiède parmi une multitude de critiques dithyrambiques!

    juin 2, 2019 at 19 h 26 min

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