Performance

Un Sujet C eschatologique au Festival d’Avignon

Un Sujet C eschatologique au Festival d’Avignon

18 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Round 2 ! Depuis hier le second festival d’Avignon a commencé avec une programmation totalement différente pour ses six derniers jours. Le Sujet à Vif, LE programme qui réunit la SACD et le festival inaugurait ce matin un très cohérent programme C.

Un thème, deux façons de faire. On retrouve avec joie immense la folie de Pierre Mifsud qui nous avait tant séduits avec sa Conférence de choses. Il partage ce Sujet C au titre délirant, Le  bruit de l’herbe qui pousse, avec le réalisateur de son Thierry Balasse. Le plateau est rempli: un ordinateur, un gong, un clavier, des petits cuivres… On se demande bien ce qu’ils ont imaginé. C’est simple et efficace comme idée : « Nous allons capturer un instant ». Thierry Balasse est magicien, il peut étirer le temps et nous donner l’illusion que comme les étoiles que nous voyons alors qu’elles sont mortes, la perception du moment est relative. « Ici et maintenant » et, avec cette affirmation, l’insoluble tourment : le présent est un passé immédiat, même pas à composer. Alors, Mifsud délire et Balasse compose. On part avec eux fort loin, tout près des étoiles, on grimpe même haut ! On rit encore une fois aux éclats dans ce Sujet tellement bien pensé, également présent dans la Sélection Suisse. Intelligent et fin, très universel. On rit aussi devant l’idée que non, on ne contrôle rien et que le silence ne se commande pas (merci les cigales ! ).

Changement d’attitude, mais pas de thème. Avec George, la chorégraphe Mylène Benoit et la marionnettiste Julika Mayer s’emparent de la scène et demandent ce qu’il restera de nous, une fois morts. Nos corps comme des marionnettes oubliées dans leurs boites ? Car qui est Georges ? Quelqu’un a qui on écrit trop tard visiblement. Dans un pas de deux très chic et très doux, les deux artistes sortent du placard des pantins, repliés sur eux-mêmes. C’est follement poétique. Elles les font danser sur du Purcell dans un slow à deux vivantes plus un corps mou, et l’image est totalement belle.

Histoires de morts, histoires drôles. Ces deux sujets font corps pour nous dire que non, les hommes n’ont pas d’avenir. Alors, dansons !

Visuel :© ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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