Théâtre
L’ Arlequin de Didier Galas

L’ Arlequin de Didier Galas

15 octobre 2011 | PAR Emma Letellier

Sur la grande scène du Théâtre de la Cité Internationale, éclatent, magnifiques, les couleurs d’Arlequin. C’est le Trickster de Didier Galas. A travers son nouveau spectacle, l’artiste rend une visite masquée à celui qu’il nomme « l’inventeur du théâtre ».

A l’origine de Trickster ou l’Arlequin de Trickster, une fascination de Didier Galas pour la galère inventée de Scapin et une rencontre avec l’inattendu du jeu masqué de Mario Gonzales. Pendant plus d’une heure, seul avec son corps sur le plateau noir, maculé des couleurs vives et primaires du losengeor italien, Trickster joue des tours, à cet autre lui-même qui l’habite et l’inquiète. Le plaisantin n’a pas de visage, il n’a qu’une expression : celle de l’étonnement et de la ruse tout à la fois.

D’abord Arlequin moderne, au masque de cuir sombre, en jogging bleu et noir, il danse le ballet du valet. Jusqu’à ce que le balais velouté se rebelle et donne au fantassin du plancher plus d’un brin à retendre. Se multiplient alors avec souplesse et adresse les fameux lazzis. Entre onomatopées et borborygmes articulés, il s’amuse du silence et de la langue dans une joyeuse agitation de la bouche et des membres.

Mais dans ses trébuchements, le Trickster se découvre un masque de bois clair et avec lui un parler polyglotte qui l’entraîne vers une nouvelle quête. En japonais, en italien, en français, l’Arlequin devenu Personne s’aventure à la rencontre de ce qui s’agite au fond de lui. Commence alors une seconde partie du spectacle, dans la pénombre d’un magnifique jeu de lumières. Le farceur rendu à la parole chemine vers son identité dans un voyage intérieur où il croise des esprits d’extrême orient.

En interrogeant l’identité de ce joueur de tours, masqué et costumé par avance, Didier Galas établit la vocation chamanique de ce faiseur de rire, de ce catalyseur d’ émotions. Le moment de théâtre se révèle un cérémonial où spectateur et acteur s’aventurent ensemble vers l’inconnu.

 

crédit photo: Eric Legrand

Le conflit israélo-palestinien sur les planches
Elia Suleiman, des films marquants
Emma Letellier

One thought on “L’ Arlequin de Didier Galas”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *