Théâtre
PANORAMA : la nouvelle génération de comédien.nes invité.es au théâtre de la Cité Internationale

PANORAMA : la nouvelle génération de comédien.nes invité.es au théâtre de la Cité Internationale

13 septembre 2022 | PAR Rachel Rudloff

Le Théâtre de la Cité Internationale a invité 22 jeunes comédien.nes boursier.es (de la Fondation Hermès) pour une résidence de deux semaines dont la restitution sera présentée (gratuitement) au public ces mercredi et jeudi (13 et 14 septembre). En partenariat  avec le collectif MxM (de Cyril Teste), cette nouvelle génération redéfinit et invente une nouvelle forme de théâtre, brut. Toute La Culture a pu assister à leurs répétitions et vous emmène dans les coulisses du spectacle. 

 

Les marges : s’éloigner du théâtre classique 

Le temps du réel

Comme un documentaire, la mise en scène c’est qu’il n’y en a pas. Pas de lumières particulières, pas de plateau, pas de silence. La performance réside dans le fait de préparer quelque chose en direct, devant les yeux du spectateur. 

Loin d’un spectacle de fin d’étude classique, les comédien.nes repoussent les frontières du théâtre en ne respectant aucune règle -ou plutôt, en en inventant de nouvelles. Le spectateur déambule au cœur de cinq ateliers en construction en direct, dont le lien entre eux est l’exploitation des cinq sens. 

A travers le dispositif imaginé par Cyril Teste, l’artiste pose une question philosophique sans pour autant donner de réponse : qu’est-ce qu’une œuvre ? Quand commence-t-elle, quand finit-elle ?  Ce qui est le plus intéressant n’est-ce pas finalement le processus plutôt que le résultat ?

« Ce que je ne veux pas, c’est que l’art soit mis en dehors de la société »

Cette nouvelle forme théâtrale, c’est aussi pour le directeur artistique le moyen de remettre au cœur du théâtre l’artisanat, essentiel pour lui. Il nous confie « Aujourd’hui, être interprète ne suffit plus« . Il raconte qu’à son époque, dans les grandes écoles de théâtre, l’enseignement restait classique : danse, théâtre, lecture et philosophie.

Aujourd’hui, Cyril Teste et son collectif MxM s’efforcent de créer de nouvelles manières d’enseigner de manière horizontale et non plus verticale. Dans cette nouvelle transmission, ils intègrent des savoir-faire artisanaux, à l’image des pédagogies alternatives, pour que l’apprentissage ne se fasse plus seulement intellectuellement. S’inspirer des artisans, du travail manuel, c’est aussi un moyen de remettre le théâtre au milieu de la « cité » au sens grecque et de le sortir des tendances bourgeoises, de renouer avec quelque chose d’organique. 

Parler avec ses sens 

L’organique justement, passe pour Cyril Teste par les sens, que les jeunes artistes travaillent ici de toutes les façons possibles. Le mouvement et le toucher dans l’atelier Transmission, au cours duquel le chorégraphe ivoirien Kossa leur livre une part de son savoir non académique. Le goût, avec la designer culinaire Céline Pélec, dans un atelier où chacun confectionne un cocktail floral qu’il offrira à la dégustation lors de la représentation. 

Entre intérieur et extérieur, tous nos sens sont en éveil. L’ouïe, la vue seront aussi mobilisées lors de la représentation, pour une rencontre intime entre spectateurs et artistes.

Portrait d’une génération en mouvement 

Ce qui intéresse Cyril Teste, c’est bien le mouvement, celui qui fait bouger le spectateur d’un atelier à un autre, qui le fait se décentrer, changer son point de vue. Mais aussi le mouvement générationnel : la construction de l’identité d’une jeunesse. 

En mettant en lumière le processus de création plutôt qu’un produit fini, le directeur artistique entame ce renversement : acteurs comme spectateurs prennent une nouvelle place. C’est inversion de valeur, c’est aussi un bon moyen de mettre la place des jeunes aujourd’hui. 

Leur mouvement dans le monde, leur rapport à l’engagement, à l’art, à la création, au travail. Dans l’atelier débat, l’agora, on peut les observer réfléchir longtemps sur leur (futur) métier de comédien ? Si c’est une passion, est-ce que c’est un travail ? Il n’hésite pas à mettre en lumière leurs contradictions, celles de Cyril Teste aussi.

Dans l’installation d’une carte mentale géante se dresse le portrait d’une génération anxieuse mais jamais découragée qui parle avec ses tripes « Je crois que créer pour moi, c’est une nécessité« , « J’ai pas d’autre choix que de créer, même si je dois travailler à côté. Ma manière de voir le monde, j’ai besoin de la vomir. » 

 

Visuel : dossier de presse, Simon Gosselin

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Rachel Rudloff

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