Théâtre
[Francophonies Bilan] « Inuk », voyage graphique et ouvert

[Francophonies Bilan] « Inuk », voyage graphique et ouvert

04 octobre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

De retour de son voyage sur les terres inuit francophones du Québec, David Gauchard, qui nous avait transportés, avec Sergio Grondin, sur Kok batay, met en scène un spectacle pour tous les publics, extrêmement graphique, émouvant par moments.

[rating=3]

InukLa 32e édition des Francophonies en Limousin s’est achevée samedi 3 octobre. Elle aura accueilli, sur onze jours, 14 300 spectateurs, et notamment proposé une « Fenêtre ouverte » sur le festival Les Récréâtrales du Burkina Faso, avec la venue de plusieurs artistes, dont son fondateur, Etienne Minoungou. L’auteur congolais Sony Labou Tansi, décédé en 1995, y aura été salué à plusieurs reprises. Au cours du Festival, on a pu notamment découvrir la dernière création de la compagnie l’Unijambiste, Inuk.

Dans Inuk, on entend très peu de mots. Des scènes se jouent, reflétant différents aspects de la culture inuit actuelle. Avec un pan ludique, mais aussi un côté très contemporain. Le spectacle a été imaginé à la suite du voyage de David Gauchard, metteur en scène, et des artistes avec qui il collabore, au Nunavik, terre des Inuit du Québec, où le français est parlé. Il se déroule sans véritable narration, à l’aide de nombreux moyens techniques, qui donnent à imaginer, à penser plus loin. Le talentueux L.O.S. use de son art du beatboxing pour rythmer les scènes les plus tendues. Cette contribution, terrienne, est précieuse.

L’aspect artificiel du décor ravit : la scène de la pêche aux sardines métalliques a un côté jeu d’enfants, qui amuse beaucoup. On croit un peu moins aux relations entre les personnages qui peuplent cette banquise : pour les figurer, les comédiens revêtent des masques d’animaux, mais on ne parvient pas toujours à sentir les dangers et les charmes profonds de cette cohabitation entre hommes, bêtes et nature. On aurait aimé que le jeu physique soit davantage poussé… Au fil des situations, des questionnements sont aussi soulevés. Lorsqu’est racontée la mort inattendue, et provoquée par l’homme, des chiens des Inuit, leurs principaux moyens de chasse, on est émus.

Les passages physiques affirmés sont ceux qui marqueront le plus. Les gestes faits, et les danses entre homme et femme, sembleront transmettre quelque chose de la culture inuit, ancienne et actuelle. Nicolas Petisoff nous laissera aussi émus, lorsqu’il parlera, sans masque, du couteau magnifique qu’il vient de créer. En fin de compte, c’est la simplicité qui saura le mieux nous cueillir. Peut-être parce qu’elle nous rappelle que les choses dites « ordinaires » sont précieuses…

Un spectacle créé au Francophonies en Limousin 2015.

Inuk, un spectacle mis en scène par David Gauchard. Avec Emmanuelle Hiron, Nicolas Petisoff, et au beatboxing et au jeu, L.O.S . Textes originaux et Musique : Arm. Vidéo et Graphisme : David Moreau. Scénographie : David Gauchard. Lumière : Claire Debar-Capdevielle, Mika Cousin. Son : Klaus Löhmann, Julie Lalande. Direction technique : Christophe Rouffy. Un spectacle de la compagnie l’Unijambiste. Durée : 1h. A partir de 7 ans.

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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