Théâtre

Bilan du 64e festival d’Avignon : de l’audace et un taux de fréquentation record

25 juillet 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival d’Avignon a présenté dimanche le bilan de sa 64e édition, qui affiche un taux de fréquentation « record », preuve que « l’audace » et « l’esprit de découverte » paient auprès du public, selon Vincent Baudriller, co-directeur de la manifestation avec Hortense Archambault. Les deux  directeurs souhaitent leur reconduction pour la prochaine édition qui se déroulera sous la houlette de Boris Charmatz.

La grande manifestation du spectacle vivant contemporain, qui s’achèvera mardi, a délivré 116.000 billets pour une jauge totale de 122.000 places, « soit une fréquentation record de 95% », selon le communiqué bilan de cette édition 2010, inaugurée le 7 juillet. Ce taux en hausse d’un point par rapport à 2009 est cependant à relativiser car le festival avait mis en vente davantage de billets l’an dernier (133.000). Pour Vincent Baudriller, « cela traduit une très forte réponse du public à une programmation qui continue de parier sur l’audace et un esprit de découverte ».

Sur un mode moins radical qu’en 2005, édition qui avait provoqué une controverse autour de l' »artiste associé » flamand Jan Fabre, ce millésime 2010 aura été assez loin dans l’exploration de nouvelles écritures scéniques, avec un humour parfois décalé et des formes hybrides.

« On essaie de faire chaque année un festival différent. L’an dernier, il était très ancré dans l’épopée, cette année il a été axé à la fois sur l’écriture et la musicalité », avec l’écrivain Olivier Cadiot et le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, a expliqué à l’AFP Vincent Baudriller.

« Beaucoup de propositions ont offert un rapport au temps particulier, de nouvelles cérémonies théâtrales », a-t-il souligné, citant les spectacles de Gisèle Vienne, Philippe Quesne et Josef Nadj notamment. « Beaucoup des artistes se sont intéressés au petit, à la marge, en proposant une certaine façon de regarder l’être humain, du côté de sa fragilité », a ajouté le programmateur.

Le théâtre de texte et les grands acteurs ont-ils été minorés, comme le pensent certains détracteurs du In ? Vincent Baudriller n’est pas de cet avis, citant Denis Podalydès dans « Richard II » de Shakespeare, Clotilde Hesme chez Brecht, Valérie Dréville pour Ionesco. Sans oublier « l’engagement très fort » de Laurent Poitrenaux auprès d’Olivier Cadiot.

Parmi les moments mémorables du festival, le directeur retient la venue d’Angélica Liddell, adepte d’un théâtre de la souffrance qui vient des tripes. « C’était une des propositions les plus radicales, mais elle s’est révélée la plus fédératrice », s’est réjoui Vincent Baudriller. Lequel n’oublie pas « Schutz vor der Zukunft », le bouleversant requiem pour les victimes de l’eugénisme nazi de Christoph Marthaler, « un des plus beaux spectacles que j’ai vu dans ma vie ».

En 2011, Boris Charmatz sera l' »artiste associé » du 65e festival. « On retrouve un chorégraphe, la danse a beaucoup à dire », fait valoir le codirecteur, qui promet toutefois « un équilibre entre les formes » (théâtrales, chorégraphiques, etc.).

Mais quel est l’avenir du tandem directorial Archambault-Baudriller après 2011 ? Avignon, qui se passionne pour les spectacles (longues files d’attente, ovations et parfois huées), a aussi bruissé de rumeurs sur des candidatures parisiennes renommées.

« Nous avons exprimé le souhait de mener à bien notre projet de transformation du festival », indique tranquillement Vincent Baudriller, qui espère avec Hortense Archambault être reconduit jusqu’en 2015, notamment pour accompagner l’ouverture d’un nouveau lieu de répétition et de résidence pour les artistes.

« Ce festival rencontre un succès public et artistique, c’est ça le plus important », conclut-il.

Source: AFP

Etre blanc comme neige n’empêche pas les sérieux ennuis
Comment ai-je pu tenir là-dedans?
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “Bilan du 64e festival d’Avignon : de l’audace et un taux de fréquentation record”

Commentaire(s)

  • juste un petit mot pour évoquer mon énorme déception devant le Richard II retransmis à la télévision : une mise en scène flottante voire inexistante, une interprétation atone, des costumes ridicules et d’une laideur!… Podalydes est un immense acteur que j’aime beaucoup pourtant ici, il en fait des tonnes dans le versant bouffon du personnage et n’est pas du tout crédible. La distribution est de toute façon très inégale mais Vincent Dissez (nous l’avions découvert dans Les Justes à la colline) se démarque et est très convaincant. Les deux directeurs affichent leur bon bilan et souhaitent être reconduits alors que certains noms circulent pour les remplacer (apparemment Olivier Py et Laure Adler ou encore Jean-Michel Ribes, on verra bien) mais inviter dans la cour JB Sastre qui n’a jamais vraiment fait d’éclat était une erreur incompréhensible.

    juillet 25, 2010 at 18 h 02 min
  • Cher, tres cher Christophe, merci pour ton beau commentaire.
    Concernant Py ect…visiblement, cela tient surtout de la rumeur. Le conseil d’administration a l’air de vouloir reconduire. On saura en septembre.
    D’un point de vue personnel,car les commentaires appelent le « je », j’ai vu des merveilles de théâtre, danse et performance contemporains.
    je serais à Richard II mardi dont la rumeur ( encore elle) dit que la mise en scène s’ameliore. Tu sais, la cour d’honneur est un rituel dont les avignonais aiment le classicisme. Moi qui ai aimé le Marthaler, je m’attend à un peu d’ennui. Au plaisir de te retrouver à Paris. Amélie

    juillet 25, 2010 at 18 h 14 min
  • Re christophe!
    pour avoir vu Richard 2 hier, « en vrai » je crois definitivement qu’il faut banir le théâtre à la télé.
    la séno etait folle en fait, des projections d’ombres sur les 3 murs de la cours, les costumes, pensés pour l’espace étaient grandioses avec le mistral .
    Les comédiens occupent bien le plateau ( 40 metres d’ouvertures!) et je ne suis pas sure que leurs circulations se sentaient à la télé.
    Hier Podalydès n’en faisait pas des tonnes, mais il est vrai qu’il sied mieux aux salles à taille humaine.
    Bisous!

    juillet 28, 2010 at 8 h 27 min

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