Performance
« Vorspiel » d’Emmanuel Eggermont – Festival Ardanthé

« Vorspiel » d’Emmanuel Eggermont – Festival Ardanthé

19 mars 2014 | PAR Camille Lucile Clerchon

Dans le cadre du festival Ardanthé, Emmanuel Eggermont a présenté Vorspiel, triptyque finement ciselé qui a déployé son architecture empreinte de spiritualité en trois espaces distincts de la ville de Vanves.

[rating=4]

 Singulière est Vorspiel, œuvre du chorégraphe et magnifique danseur Emmanuel Eggermont, en sa capacité à se révéler œuvre de plénitude minimaliste à partir d’un projet particulièrement dense et foisonnant.

Emmanuel Eggermont convoque en effet pour Vorspiel les arts plastiques, musicaux, théâtraux, chorégraphiques, architecturaux.  Pour la scénographie, il s’entoure d’une fine équipe composée d’un architecte, Germain Pluvinage, et d’une plasticienne, Elise Vandewalle. Pour l’interprétation, il lance des invitations à des artistes musiciens et comédiens dont la présence singulière colore chacun des opus : Mathieu Jerazak, Corinne Masiero, Mickaël Knockaert qui gravitent successivement autour d’un noyau dur formé par la danseuse sud-coréenne Jihye Jung et Emmanuel Eggermont lui-même.

Dans Vorspiel, la précision et l’exigence formelle en appellent au sacré, cérémonie sans autre but que celui d’une perception de la plénitude. Délimitation savante des espaces et des trajectoires, attrait sensoriel des matières et des textures (bois blond, sable blanc, carré noir), aplats de noir et de blanc, de clair et d’obscur dessinent l’écrin où miroitent les éléments furtifs, disparates, profanes suggérés à la réception du spectateur.

Ce prélude n’est ni austère ni désincarné, on pourra y danser un slow avec un-e inconnu-e du public, y entendre résonner la voix de Françoise Dolto et Marcia Baila, hommage posthume des Rita Mitsouko à Marcia Moretto.

Emmanuel Eggermont réussit à atteindre des sommets d’abstraction dans une œuvre pourtant profondément humaine, ouverte aux personnalités fortes de ses interprètes, aux caractères puissamment évocateurs des espaces investis : la grande salle de l’Hôtel de Ville, son parquet à chevrons et son drapeau flottant aux vents du soir, la froideur d’une salle communale polyvalente, enfin, la salle du théâtre de Vanves, sans doute plus familière aux spectateurs.

Vorspiel se prête aux perceptions les plus diverses, le regard de chacun s’attachera selon sa sensibilité à une perspective qui lui sera propre, à l’abord des espaces-temps de la pièce.

 Le festival se poursuit jusqu’au 5 avril, tout le programme ici.

Camille Lucile Clerchon

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Camille Lucile Clerchon

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