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INTERVIEW DE JEAN-MARC GRANGIER, DIRECTEUR DE LA COMÉDIE DE CLERMONT-FERRAND

INTERVIEW DE JEAN-MARC GRANGIER, DIRECTEUR DE LA COMÉDIE DE CLERMONT-FERRAND

30 août 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam


La Comédie de Clermont-Ferrand rouvre ses portes le 4 septembre, l’occasion de demander à son directeur de nous parler de cette belle saison, qui offre une belle place aux chorégraphes.

Vous ouvrez la saison de façon très dansée ! Parlez-moi de ce dialogue avec la Biennale ?

L’histoire de la Biennale de la danse de Lyon est passionnante et elle continue à surprendre, à se développer brillamment. Elle a donné et donne à la danse une place essentielle dans la ville, et désormais dans des villes d’Auvergne-Rhône-Alpes, grâce au rayonnement important qu’elle connaît aujourd’hui, comme c’est maintenant le cas à Clermont-Ferrand et sa métropole.
La danse a créé des liens entre les structures culturelles, entre publics et artistes grâce à une programmation très inscrite dans la recherche et les évolutions de cette discipline. Dominique Hervieu, la directrice, encourage et soutient des visions et écritures nouvelles de cet art, mais aussi une danse participative et de très nombreuses actions et rencontres organisées autour des spectacles. Je me sens très en accord avec elle et sa ligne artistique, je partage ses convictions et son désir de développement.
Depuis 2016, nous avons mis en place une relation forte qui nous permet de faire vivre sur notre territoire, en écho, “notre“ biennale qui présente quelques-uns des artistes phares de la manifestation (Oona Doherty, le collectif (La)Horde, Mourad Merzouki,…).

La première pièce de la saison est une création de Fabrice Lambert, artiste associé depuis 2016. Parlez-moi de cet artiste au sein de la Comédie.

Artiste associé à la Comédie de Clermont pour trois ans, Fabrice Lambert a présenté, entre 2016 et 2018, à Clermont-Ferrand les pièces Jamais assez, L’Incognito, Gravité, Solaire et Nervures, il a travaillé à la transmission d’un extrait de Solaire aux danseuses seniors amateures du groupe Lifting, produit par la Comédie, et il est intervenu auprès des élèves du cycle d‘orientation professionnelle en danse contemporaine au conservatoire à rayonnement régional. Il a intégré la programmation, tout comme les artistes associés Mélanie Laurent et Johanny Bert, des «?Rendez-vous secrets?» du week-end de lancement d’Effervescences organisé par la Ville de Clermont-Ferrand. Tout au long de la saison 2017-2018, Fabrice Lambert a consacré plusieurs temps de recherche et de répétitions, à Clermont-Ferrand et à Cournon-d‘Auvergne, à sa prochaine création intitulée Aujourd’hui, Sauvage, qui aura lieu à la rentrée 2018 dans le cadre de la 18e Biennale de la danse.
C’est un artiste attachant, obsessionnel, rigoureux, à l’écriture élégante et mystérieuse qui laisse place aux émotions. Je suis très heureux que la création de sa nouvelle pièce soit inscrite dans le programme de la Biennale.

Pouvez-vous m’en dire plus sur les créations et productionS de la saison ?

Le Groupe Lifting qui réunit près d’une vingtaine de danseuses seniors amateures part en tournée dans le cadre de la Biennale avec la pièce Pour un non pour un oui, créée la saison dernière tout spécialement pour elles par Anne Martin, danseuse historique du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch. Cette saison, le groupe sera à nouveau entraîné par Anne Martin pour une nouvelle création.

Côté théâtre, Robert Cantarella et Nicolas Maury poursuivent leur aventure commune, pour la première fois en tant que co-metteurs en scène, avec l’adaptation théâtrale du roman Ida ou le Délire, le dernier texte écrit par une romancière majeure, Hélène Bessette, admirée par ses pairs Marguerite Duras, Nathalie Sarrauteou Raymond Queneau et dont on redécouvre aujourd’hui l’œuvre littéraire. Monté pour la très grande actrice Florence Giorgetti, le spectacle sera présenté en janvier prochain.

Dans ce sens, comment créer à la Comédie ? Comment se passent vos résidences ?

Il est très important dans la vie d’un théâtre d’accueillir des artistes en création. Cette présence au travail nourrit l’équipe de la structure et ouvre un espace de relations plus intimes avec les publics.
Dépendant des possibilités d’accueil et de la disponibilité des salles de la Ville tant que nous n’avons pas notre propre théâtre, il n’est pas toujours aisé de bénéficier de grandes plages pour permettre les répétitions et la phase de création finale. Néanmoins, nous avons toujours réussi à trouver des solutions pour que cela soit réalisable au moins une à deux fois par saison.
Notre théâtre est en construction depuis octobre 2017. C’est une avancée considérable pour le destin de cette scène nationale. Il comportera deux magnifiques salles de spectacles avec des plateaux exceptionnels et une salle de répétition. Dès le début de l’année 2020, nous pourrons donc développer les accueils de résidences et les partenariats de création. C’est une perspective qui nous réjouit.

Dans votre programmation, vous proposez, entre autres, un parcours « à voir en famille » avec des spectacles accessibles aux enfants et aux adolescents. Est-ce chose nouvelle ? Quels sont les enjeux de cette ouverture aux jeunes ?

Il est indispensable que les jeunes connaissent très tôt le plaisir et l’enrichissement d’être spectateurs. Aussi, même si nous ne proposons pas à proprement parler de programmation jeune public – je suis d’ailleurs opposé à l’organisation de séances exclusivement consacrées aux scolaires –, nos programmations prennent en considération les jeunes spectateurs. Nous tissons des relations étroites et passionnantes avec de nombreux enseignants et établissements et encourageons activement les publics à venir en famille.
Cette curiosité, qui débouche sur une familiarité avec les salles de spectacles et surtout avec le langage des artistes, s’inscrit dans les habitudes, je dirais même les besoins, des jeunes qui affirment très vite leurs goûts, leurs regards. Il ne faut jamais hésiter à présenter une œuvre que l’on considère comme aboutie et marquante à des spectateurs novices voir inexpérimentés, le choc est très souvent bénéfique et les commentaires, les retours que nous expriment ensuite les jeunes publics sont souvent très surprenants de justesse et d’acuité.

Visuel : JeanMarc Grangier ©jeanlouisfernandez

( Article partenaire )

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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